Quand le malheur des uns divertit les autres

Les livres de true crime sont populaires en anglais comme en français. (Crédit: Sarah Champoux)
Cédrika Provencher, Hélène Martineau, Sylvie Laverdière… Les crimes irrésolus fascinent depuis des siècles et l’offre de balados, de documentaires et de livres à ce sujet ne cesse d’augmenter. Pourquoi la violence, le meurtre et l’absence de réponse captent-ils autant l’attention ?
Kassandra Gravel, fervente auditrice de balados axés sur le true crime, croit que ce qui attire les gens vers les crimes irrésolus, c’est le mystère. Publiée en 2010, une étude de l’Illinois Wesleyan University révèle que les femmes sont davantage attirées que les hommes par les romans inspirés de faits criminels réels, au détriment d’autres formes de récits violents. Ce comportement serait expliqué par la crainte des femmes de devenir un jour une victime.
Une popularité à double tranchant
Les balados de true crime peuvent avoir un aspect éducatif puisqu’ils racontent en détail des événements sordides, mais réel. Les détracteurs de ce genre de contenu, de leur côté, tendent à souligner que tous ces détails pourraient aussi donner des idées à certains individus mal intentionnés.
Les créatrices du balado Crime de bine, qui aborde des histoires sordides s’étant déroulées au Canada et au Québec, admettent que la lumière est parfois mise sur les meurtriers. « On essaie de mettre un peu de lumière sur les victimes aussi, mais c’est dur parce que dans les médias y’a toujours plus d’informations sur les meurtriers que sur les victimes. Souvent la victime, tu connais son nom, son âge pis that’s it », explique la co-animatrice de Crime de bine, Hélène Thomson.

Le balado Crime de bine publie trois épisodes par mois, dont un plus léger. (Crédit: Facebook)
Les deux animatrices se basent sur des informations déjà disponibles pour écrire leurs épisodes. L’acolyte d’Hélène Thomson, Mélanie Bouchard, précise que plusieurs heures de recherche sont nécessaires pour la préparation d’un enregistrement. « On n’est pas des enquêteuses professionnelles, on n’est pas des policières, on a accès à la même information que toi. On fait juste une recherche vraiment approfondie. »
De gentils passionnés du crime
Kassandra Gravel est active depuis quelques années sur les groupes d’adeptes de true crime. On y retrouve une communauté de gens respectueux qui se fait un plaisir à suggérer différentes œuvres abordant le monde du macabre et du sordide.
La femme de 32 ans souhaite plus d’activités liées à cet univers au Saguenay. « Il y a beaucoup beaucoup d’événements dans le coin de Montréal. C’est sûr qu’ici on n’a pas grand-chose encore », témoigne-t-elle.
Mélanie Bouchard et Hélène Thomson mentionnent n’avoir eu que de belles interactions avec leurs auditeurs, même lorsqu’il s’agissait de corrections de faits. Elles reçoivent aussi quotidiennement des compliments sur le style conversationnel de leur balado.
« On parle de sujets quand même assez trash, mais ce qu’on se fait dire, c’est que vu qu’on a une belle complicité puis qu’on en discute, qu’on est capables de rigoler quand c’est le bon moment puis d’être sérieuses quand c’est le bon moment. »
Une religion

All Boivin, un des suspects les plus recherchés au Canada, a de nombreux liens au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
(Crédit: Capture d’écran Programme Bolo)
Pour les passionnés de true crime comme Kassandra Gravel, cet univers est omniprésent. « Du plus loin que je me souvienne, j’ai tout le temps été intéressée par ça. J’ai toujours aimé ça. J’écoutais Claude Poirier, le vrai négociateur, à la télé. C’était religieux, tous les jours. »
Même son de cloche du côté de Mélanie Bouchard et d’Hélène Thomson, qui blaguent sur leur amour de l’émission Un tueur si proche. C’est d’ailleurs l’intérêt d’Hélène envers le true crime qui a mené à la création de Crime de bine.
« Ça a commencé, j’écoutais beaucoup de true crime, c’était la pandémie, je faisais juste ça de mes temps libres. Il y a tellement de monde qui ont parti des balados de rien, qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient, pourquoi pas moi ? »






