« Rapides et dangereux » : mariage particulier avec les passionnés de voitures

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Rassemblement de voitures à Saguenay.

Toutes les informations sur les différentes règles entourant les modifications de voitures sont disponibles sur le site Web de la SAAQ. (Crédit : Alicia Flageol)

L’opération « Rapides et dangereux », organisée par le Service de police de Saguenay (SPS), a débuté le 11 avril dernier alors que le printemps montrait le bout de son nez. Elle vise à décourager les amateurs de voitures modifiées et réduire leurs impacts dans les quartiers touchés par les phénomènes de bruit et de vitesse. Ces mesures ont-elles un impact direct sur les passionnés de voitures ?

Les endroits les plus surveillés sont les boulevards Talbot et Tadoussac, dans l’arrondissement Chicoutimi, et près du boulevard René-Levesque dans le secteur de Jonquière.

L’opération est présente à Saguenay depuis près de 20 ans d’après le porte-parole du SPS, Luc Tardif, qui explique que les buts de l’opération sont multiples. « En plus de vérifier les modifications, l’aspect légal des véhicules et les comportements des conducteurs, le but de tout ça, c’est de sécuriser notre réseau routier, puis d’assurer la tranquillité des gens des secteurs les plus impactés. » M. Tardif ajoute que les policiers, malgré ces opérations, n’ont rien contre les gens qui ont une passion pour les voitures.

photo de Luc Tardif, le porte-parole du SPS, lors d'une conférence.

Le porte-parole du Service police de Saguenay, Luc Tardif, s’attend à l’arrivée de véhicules modifiés sous peu. (Crédit : Andréa Maheux)

Que faire des rassemblements de véhicules ?

Luc Tardif affirme que la période la plus touchée par le phénomène de courses de voitures et de vitesse importante est la saison estivale, soit de mai à septembre. Ce moment est aussi la principale période d’attroupements des adeptes de voitures modifiées. Tôt dans le mois de mai, ils se rassemblent un peu partout sur le territoire, surtout dans le stationnement du centre d’achat Place du Royaume, selon le porte-parole.

Dans la stratégie de l’opération, Luc Tardif note qu’il y a aussi un côté de prévention. « Ça peut arriver une soirée que des policiers se présentent dans les rassemblements pour jaser avec les adeptes de tuning [personnalisation d’une voiture], les adeptes de véhicules “musclés” tout simplement pour donner des conseils, répondre à des questions », fait valoir le policier, qui ajoute que ces visites n’ont pas pour objectif de distribuer des infractions.

Les regroupements de voitures sont une activité bien connue de Jérémy Audet, un passionné qui en organise souvent pour les amateurs dans la région. L’homme de 25 ans raconte qu’il avertit la police de l’endroit et de l’heure des attroupements qu’il organise. « Moi, mon but c’est vraiment que les passionnés de chars puissent se rassembler ensemble quelque part et juste regarder les véhicules des autres, partager notre passion ensemble, mais je veux aussi que ça reste légal. » Il admet apprécier la présence de la police près de leurs rassemblements pour « pogner ceux qui font les fous autour et ceux qui font que les passionnés de véhicules ont une réputation de marde ».

Des sentiments partagés chez les passionnés

M. Audet explique que ces mesures ne sont pas assez décourageantes pour le dissuader de modifier sa voiture. « En fait c’est juste que je passe par des endroits stratégiques au lieu de passer sur le boulevard Talbot. […] J’essaie de faire attention, je suis tout le temps aux aguets », partage-t-il, précisant qu’il circule plus souvent dans les quartiers environnants. Il ajoute savoir que deux éléments sur son véhicule ne sont pas réglementaires, lui qui a déjà reçu des contraventions pour ceux-ci.

 

Jérémy Audet raconte que plusieurs adeptes ne changent pas du tout leurs pratiques malgré les constats d’infraction qui s’élèvent parfois à plusieurs milliers de dollars, certains ses amis ayant déjà eu pour plus de 5 000 $.

Jérémy Audet raconte que plusieurs adeptes ne changent pas du tout leurs pratiques malgré les constats d’infraction qui s’élèvent parfois à plusieurs milliers de dollars, certains de ses amis en ayant déjà eu pour plus de 5 000 $. (Crédit : Jérémy Audet)

Luc Tardif explique que c’est un phénomène qui a toujours été préoccupant dans la région et que les opérations peuvent se dérouler à peu près n’importe quand. D’après le porte-parole, ainsi que selon un rapport de l’édition « Rapides et Dangereux » de 2022, la pandémie est la raison principale de l’augmentation en popularité des voitures modifiées. L’évaluation montre aussi qu’il y a eu une baisse de 37 % de constats d’infraction entre 2021 et 2022. Aucun rapport plus récent n’a été publié à ce sujet.

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