Les limites planétaires : un signal d’alarme pour l’humanité

Les limites qui ont dépassé le rouge sont dans un état critique. (Photo : PIK)
La Terre possède ses propres seuils d’alarmes. Des scientifiques ont établi neuf limites. Elles agissent comme garde-fou pour assurer une vie stable et confortable sur notre planète bleue. Certaines d’entre elles ont déjà été dépassées, mais à différents niveaux.
Les limites planétaires (planetary boundaries en anglais) ont vu le jour en 2009. C’est le scientifique Johan Rockström avec son équipe du Stockholm Resilience Center qui ont proposé cette idée. Le but de la charte : prévenir les humains sur les seuils à ne pas dépasser pour avoir une planète avec une santé optimale.
Des tests effectués régulièrement permettent de déterminer où se situe les limites planétaires. Il existe neuf limites clés qui englobent l’utilisation des ressources, en passant par la présence de pollution dans l’air et dans l’eau et aussi les changements observables dans notre biodiversité.
Le directeur par intérim de Carbone Boréal, Patrick Faubert, l’explique très bien :
« La terre va être là encore après notre disparition. Ces limites ne sont pas pour elle, mais pour nous. On se dirige vers la fin si nous ne commençons pas à faire plus attention. »
Il insiste aussi pour dire que ce n’est pas la fin du monde lorsqu’une des limites est dépassée. Il fait remarquer que dans le graphique émis par Rockström il y a deux seuils : une partie orange qui signifie le début des problèmes et une partie rouge qui est le seuil critique.
Patrick Faubert explique que le mot irréversible est utilisé à l’échelle de la vie humaine. Les dommages créés maintenant pourraient être réversibles mais pas observables par les humains actuellement vivant.
La septième limite : les océans s’acidifient
En ce moment, sept limites ont dépassé la zone orange et quatre sont au-dessus de la zone rouge. La dernière en lice est l’acidification des océans. Ce constat représente la diminution d’une unité de pH, mesure qui recense la salinité de l’eau.
Cette diminution affecte la température de l’eau. Les océans vont se réchauffer, ce qui va créer une migration de toutes les espèces vers les points extrêmes nord et sud du globe.

La vie microscopique est énormément impactée par tous les changements climatiques. (Photo : Yaël Mas Bourcier)
Cela impacte aussi la faune végétale sous-marine, étant donné que certaines espèces d’algues meurent et laissent moins passer la lumière. Le responsable des communications scientifiques de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets des changements climatiques, Bruce Thomas Philips, explique que la perte de telles espèces se ressent sur beaucoup d’aspects de notre environnement :
« Plus l’eau est chaude, plus l’atmosphère reçoit et retient de l’eau. Ce comportement accentue la violence des catastrophes naturelles. Les feux de forêt du Canada seront plus longs, les pluies diluviennes en Amazonie aussi. Même si la terre se réchauffe naturellement, nos actions multiplient ce phénomène et la terre n’a pas le temps de s’acclimater correctement. »
Les océans sont le poumon bleu de notre planète. Bien que ce soit la vie marine qui est menacée actuellement, dans les prochaines années, les humains devront répondre des conséquences à la chaîne.






