Quitter la politique pour mieux se retrouver

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Régis Labeaume

En 2019, Régis Labeaume a reçu un diagnostic de cancer de la prostate. Il milite aujourd’hui pour convaincre les hommes de se faire dépister. (Photo : Maison de gérance et de représentation Hainault)

« La majorité des politiciens ratent leur départ parce que, première affaire, ils veulent pas partir. » Pour l’ancien maire de Québec, Régis Labeaume, comme pour l’ex-conseiller municipal, Guillaume Carignan, quitter la politique a été le fruit d’un long processus de réflexion. Le choix de quitter est d’autant plus difficile lorsque les électeurs n’ont rien à y voir. 

En 2021, après quatorze ans à la tête de la ville de Québec, Régis Labeaume a annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la mairie. Malgré un taux de satisfaction à 78 %, M. Labeaume était « sevré ».

En 2025, à la fin de son premier mandat comme conseiller du secteur Sainte-Gertrude à Bécancour, Guillaume Carignan a informé la population qu’il ne serait pas candidat lors des prochaines élections. Le père de trois enfants a décidé de prioriser sa santé et sa famille.

Le conseiller municipal Guillaume Carignan à l'hôtel de ville

Guillaume Carignan dénonce également les commentaires haineux auxquels les élus font face. (Photo : Ville de Bécancour)

Quitter pour éviter l’épuisement professionnel

Les 10 à 20 heures par semaine que prenait la politique dans la vie de Guillaume Carignan ont commencé à peser lourd lorsqu’il s’est séparé de la mère de ses enfants à mi-mandat. Le jeune homme partageait son temps entre la politique, le baccalauréat en enseignement et ses responsabilités de père. Il a décidé de prioriser sa santé mentale en ne renouvelant pas son mandat.   

Cette décision a été complexe pour M. Carignan, puisqu’il aimait son rôle de conseiller et qu’il aurait souhaité mener à terme plus de dossiers. « J’ai eu de la peine pour vrai. Ça m’a fait de la peine parce que mon travail comme tel, il n’était pas terminé », explique-t-il.

Autant Régis Labeaume que Guillaume Carignan mentionnent l’importance du processus décisionnel de quitter la politique. Pour l’ex-conseiller municipal, il s’agit d’un processus qui a duré plus de six mois. M. Labeaume, lui, était conscient qu’il désirait quitter avant de débuter son dernier mandat. Il a tout de même continué pour tenter de régler le dossier du tramway.

« On se tanne d’être sous la loupe continuellement »

Régis Labeaume se considère chanceux d’avoir pu prévoir son départ. À son avis, les politiciens sont souvent obligés de partir, soit parce qu’ils perdent leur poste ou parce qu’ils se retrouvent au plus bas des sondages.

Le sociologue de formation croit qu’il est normal qu’un politicien soit constamment scruté, mais après 14 ans comme maire, il s’est fatigué de cette vigie continuelle à son égard. Il a senti qu’il était temps pour lui de laisser la place aux plus jeunes. « Il faut que tu comprennes que tu vieillis, que tes idées ont des chances de vieillir en même temps, puis que ce serait une bonne idée que tu laisses la place aux autres. Je voyais [mon départ] de façon très sereine, comme ça. »

L’ancien maire de Québec est resté présent dans la sphère publique après son départ. Il écrit des chroniques, a publié un livre, travaille sur un projet de balado et sur un documentaire, pour ne nommer que ça. L’ex-politicien se plaît dans ce rôle autoqualifié de gérant d’estrade. « Tu donnes ton opinion puis c’est fini. S’ils sont pas contents, ben ils feront ce qu’ils voudront », illustre-t-il.

Guillaume Carignan et Régis Labeaume ont peut-être quitté la politique, mais la politique, elle, ne les quitte pas si facilement. « Être politicien, ce n’est pas une job, c’est un mode de vie », exprime M. Labeaume.

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