La chasse à l’arbalète, une nouvelle discipline

La chasse à l’arbalète est plus calme et permet de s’approcher plus près de l’animal. (Photo : Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs)
La chasse à l’arbalète est une discipline récente au Québec. Elle a été instaurée en 2007 dans la province. Aujourd’hui, elle est bien répandue, avec des adeptes aux quatre coins du territoire.
La chasse à l’arbalète se pratiquent en présaison, c’est-à-dire avant la saison de chasse à la carabine. « Ça permet de chasser dans la période de rut, soit la période où tu peux avoir le plus de facilité à avoir une interaction avec les bêtes car elles sont plus actives et moins aux aguets. C’est pour cette raison que j’apprécie la discipline », explique Jolan Forest, un jeune chasseur en Gaspésie.
Le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), Pierre Caron, confirme que c’est une manière de chasser « très appréciée » par les adeptes. « C’est peut-être la seule fois dans leur vie que les gens vont voir un orignal, un cerf de virginie ou un ours », ajoute le président de la FédéCP.

Les flèches des chasseurs se déplacent entre 300 km/h et 480 km/h. (Photo : Dreamstime)
Une discipline avec ses spécificités
Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs est responsable de la chasse au Québec. Elle dicte les différentes règles qui régissent la chasse à l’arbalète sur le territoire. En plus des dates différentes de la chasse à la carabine, la corde de l’engin utilisé doit avoir une pression minimale de 120 livres (54 kg).
Les flèches utilisées doivent être « des pointes de chasse qui coupent comme un rasoir », décrit Pierre Caron. Le chasseur doit également se tenir plus proche de l’animal que pour une chasse à la carabine, soit une trentaine de mètres. Le président de la FédéCP précise qu’il y a une formation à suivre. Il faut aussi avoir un certificat du chasseur avec le code A. C’est un certificat obtenu après la réussite du cours d’initiation de chasse à l’arc ou l’arbalète.
Il existe deux saisons dans la chasse à l’arbalète : la restrictive et la permissive. Pierre Caron explique que la première permet de chasser uniquement les mâles et les veaux. La deuxième autorise la chasse des femelles en plus. « Il est important d’identifier l’animal, pour savoir si on a le droit de le tirer en fonction de la saison », poursuit le président de la FédéCP.
Les chasseurs doivent également être précis sur leur premier tir. C’est l’une des différences importantes avec la carabine. « Ce n’est pas possible de tirer deux fois de suite », affirme Pierre Caron. Il ajoute que « l’animal doit être touché dans un organe vital. Toucher le foie ou les poumons permet à l’animal de souffrir moins longtemps. Il meurt par hémorragie entre 30 minutes et deux heures après la blessure si le bon organe est touché », soutient le président de la FédéCP.
Un conseil à garder en tête : « Il faut être sûr que la trajectoire est dégagée. Cela permet d’éviter qu’une branche ne dévie la trajectoire de la flèche et ne touche pas l’animal dans l’organe souhaité », ajoute-t-il.
Une histoire de famille
Pour plusieurs personnes, la chasse à l’arbalète est une affaire de famille. C’est le cas de Jolan Forest. « Je viens d’un milieu familial très chasseur-pêcheur. Donc depuis tout jeune ça fait partie de mon mode de vie », explique le jeune homme. Il a chassé dans plusieurs régions différentes depuis ses débuts. En plus de son Bas-Saint-Laurent natal, il a également chassé à l’arbalète en Côte-Nord, lors de ses études à Baie-Comeau, et cette année en Gaspésie.
Lui qui pratique cette discipline depuis maintenant cinq ans affirme ne chasser que l’orignal. Il préfère prendre sa carabine pour les cerfs de virginie ou les chevreuils. Cette saison de chasse est d’ailleurs pour lui une fierté. « Cette année c’est la première saison que je récoltais à l’arbalète un orignal » , mentionne-t-il.

L’arbalète dispose d’une lunette de visée permettant d’être plus précis. (Photo : Jolan Forest)
Pour s’initier
La formation est facile d’accès, n’importe qui peut la compléter. Elle est composée de six heures de cours en ligne. Il est également possible de joindre un club d’archers pour découvrir la discipline ou se pratiquer. À la réussite de la formation et une fois le certificat en poche, la chasse est possible à travers le Québec lors des périodes autorisées.





