« Il n’y a actuellement aucune raison scientifique de bloquer une pêche récréative [du flétan] dans le fjord »

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Cette étude, accompagnée d’une lettre d’appui, sera présentée à Ottawa par le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel. (Photo : Jérémie Bélanger)

À la lumière des résultats d’une étude de quatre ans, Contact Nature et Promotion Pêche demandent que la pêche au flétan puisse reprendre. Les représentants de ces organismes se sont exprimés lors de la présentation publique des résultats de l’étude sur le flétan atlantique dans le fjord du Saguenay, à la brasserie Port-Alfred de La Baie, jeudi soir.

Plus de 25 ans après la décision de Pêche et Océans Canada (MPO) de fermer la pêche au flétan, le professeur et chercheur à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Pascal Sirois, affirme qu’il n’y voit aucune raison scientifique pour empêcher la pêche récréative.

Le flétan est un poisson qui peut mesurer jusqu’à 2,5 mètres de longueur et peser jusqu’à 300 kg. C’est le plus grand poisson de fond de l’Atlantique. Au milieu des années 1990, les scientifiques du ministère des Pêches et des Océans ont constaté une baisse des populations de flétan, et c’est à ce moment qu’une ordonnance de fermeture de la pêche a été mise en place. Depuis le début des années 2000, la population est en hausse. Aujourd’hui, la seule raison d’empêcher la pêche récréative serait l’hypothèse selon laquelle le flétan, un prédateur, se nourrirait de sébastes et de morues, ce qui ferait considérablement diminuer leur population, selon le chercheur.

Le flétan, qui ne se reproduit pas dans le fjord, naît dans l’estuaire du golfe du Saint-Laurent et de l’Atlantique. Il effectue des migrations : environ deux tiers des flétans qui arrivent dans le Saguenay y passent leur vie, tandis que les autres y font des allers-retours.

Une étude qui relance le débat

L’étude menée par l’UQAC consistait à conserver les têtes des flétans capturés par les pêcheurs. Ceux-ci ont eu l’autorisation spéciale de pêcher le flétan durant les quatre derniers hivers, à condition de donner la tête. Les 60 flétans pêchés au courant de ces années représentent 0,0005 % des flétans pêchés dans l’Atlantique et 0,0035 % de ceux du Québec, selon Contact Nature.

La structure qui intéressait le chercheur était l’otolithe, une concrétion de calcaire située dans l’oreille interne du poisson. Elle lui permet l’audition et l’équilibre. Ce morceau est découpé finement, ce qui a permis, grâce à différentes méthodes scientifiques, de déterminer l’âge du poisson ainsi que sa provenance dans l’océan.

Le directeur général de Contact Nature, Marc-André Galbrand, ne « garantit pas la pêche récréative cet hiver, mais on va tout faire de notre possible pour obtenir une réouverture. »

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