Opioïdes : « vaut mieux prévenir que guérir »

Le pharmacien Philippe De Grandpré travaille à la Clinique familiale des Prairies à côté de Joliette. Il accompagne ses patients et vérifie si leurs prescriptions sont toujours adaptées. (Photo : Isolyne Chapeyrou)
Informer et faire de la prévention, c’est l’objectif du colloque sur la consommation d’opioïdes organisé à l’UQAC par le Comité Action Prévention Opioïdes, vendredi matin. Plusieurs intervenants se sont relayés toute la matinée pour parler des risques liés à ces médicaments et proposer des stratégies d’accompagnement et de soutien.
“C’est un phénomène de santé publique »
Au Québec, le nombre de décès liés aux opioïdes s’élève à 645 pour l’année 2024. Pour éviter des vols ou limiter les surdoses, certaines pharmacies décident de ne plus délivrer d’opioïdes. C’est le cas d’une pharmacie à Chicoutimi. Pour le pharmacien et conférencier Philippe De Grandpré, ce n’est pas forcément la meilleure des solutions : « Je pense que c’est s’attaquer à une clientèle qui a déjà de la difficulté, qui est déjà stigmatisée. Le problème c’est que si ton patient te vole à répétition, ça brise le lien de confiance. »
Selon le gouvernement canadien, les opioïdes, comme le fentanyl ou la morphine, sont des médicaments qui peuvent calmer la douleur. Leur prescription est en baisse au pays mais le nombre de surdoses augmente. Selon le pharmacien, la plupart des surdoses sont liées aux opioïdes qui proviennent du marché noir : « La baisse de prescription n’a pas nécessairement éliminé ce marché là non plus, les gens qui prenaient des opioïdes des fois se sont virés sur le marché noir et c’est beaucoup plus à risque parce que les doses sont moins bien contrôlées », explique-t-il pendant sa conférence.

En 2024, au Québec, 645 décès sont liés à une intoxication aux opioïdes. Ce chiffre est en baisse comparativement aux dernières années. (Photo : gouvernement du Canada)
Un traitement adapté au patient
Ces médicaments sont souvent utilisés pour traiter des douleurs chroniques. Avant de prescrire ou de délivrer un opioïde, le médecin ou le pharmacien doit déterminer les risques et les bénéfices pour son patient. « J’ai un patient qui prend 15 milligrammes d’oxycodone aux heures et demie j’étais comme c’est plus ta douleur que tu traites là, tu me dis que ça te donne de l’énergie et que tu te sens ” high ” là ? D’après moi on est plus juste dans la douleur », raconte Philippe De Grandpré.
Le pharmacien rappelle que les opiacés comportent beaucoup d’effets secondaires indésirables. Parfois ils engendrent même la douleur plutôt que de la soulager. Selon lui, les opioïdes empêchent le corps humain de générer lui-même des antidouleurs naturels.
Il ajoute que les opioïdes ne sont pas toujours bien tolérés par les usagers. « La plupart de mes patients arrêtent avant 2 mois parce qu’ils ne le supportent pas ». Il explique que parfois un Advil ou un Tylenol est plus efficace selon le profil du patient.






