Fin de l’écriture inclusive : un recul social

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Photo d'écriture inclusive sur un tableau.

Diversité 02 est un organisme qui accompagne les personnes concernées par la diversité sexuelle et la pluralité des identités de genre. (Photo : Adan Cochet) 

La suppression de l’écriture inclusive des communications du gouvernement québécois est un choix idéologique et un recul social pour certains experts. Québec soutient, de son côté, que c’est pour mettre fin à la « confusion linguistique ». 

Les expressions comme « iel », « toustes » ou encore l’utilisation de doublets abrégés comme « auteur·ices » sont exclues des communications gouvernementales depuis septembre. 

« L’écriture inclusive, ça permet d’inscrire les femmes et les personnes non binaires dans les discours », explique l’enseignante en études féministes à l’Université de Sherbrooke, Isabelle Boisclair. 

Cette dernière étudie la littérature et la représentation des sexes et des genres. Elle estime que cette politique est une régression sociale. 

« C’est quand même 50 % de la population que l’on met de côté », déplore, quant à lui, l’agent de développement de l’organisme Diversité 02, Léonidas Girard-Laprise. Il considère l’écriture inclusive comme une « avancée sociale ». 

Pour justifier ce règlement, le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, affirme vouloir rétablir la clarté dans les communications de l’État, et « être compris par le plus grand nombre ».  

En effet, l’écriture inclusive peut ajouter des surcharges visuelles et cognitives, et devenir ainsi « une mesure d’exclusion » des personnes dyslexiques, selon l’orthophoniste Agathe Tupula-Kabola, interrogée par Radio-Canada.  

Isabelle Boisclair admet qu’il faille rendre le langage plus accessible, mais soutient que « ce n’est pas à ceux qui se préoccupent de l’inclusion de s’en occuper ».  

« Nous, on ne fait pas ça pour le plaisir », défend la théoricienne féministe. « Il faut habituer ces personnes-là à reconnaître le point médian, on peut s’adapter. » 

De son côté, Léonidas Girard-Laprise estime que l’utilisation de l’écriture inclusive devrait dépendre du contexte et du public ciblé. « Si on l’utilise mal, c’est sûr que ça va alourdir le texte. »

Photos de deux livres sur l'écriture inclusive.

Québec a adopté la politique linguistique sur l’écriture inclusive le 23 septembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Écoles 

La politique linguistique pourrait aussi bientôt s’appliquer aux écoles. Le ministre Roberge compte bien la généraliser à l’ensemble des organes de l’État. Une évolution qui inquiète d’autant plus Isabelle Boisclair. 

« Représenter la diversité des genres, ça fait qu’on est rendu à s’ouvrir à cette diversité. On régresse tellement depuis quelques années, c’en est épeurant. » 

Léonidas Girard-Laprise considère aussi que l’écriture inclusive « permet de reconnaître l’existence des personnes non binaires ». 

Le gouvernement estime, pour sa part, que l’égalité et la diversité sont déjà représentées dans la langue, avec l’utilisation du neutre, par exemple. 

Pour la théoricienne, le langage est un marqueur de la société.  

« Si on veut être égalitaire, il faut chercher à écrire cette égalité-là dans les outils de communication, sinon, ce n’est pas vrai qu’on est égaux. Ces personnes-là existent. Limiter l’écriture inclusive, c’est bafouer leur droit à la reconnaissance. » 

Isabelle Boisclair compte bien continuer à utiliser l’écriture inclusive. « Ça va rester, parce que lui, il peut bien mettre ça dans ses communications officielles, nous, ça ne nous empêche pas d’écrire ce que l’on veut. » 

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