Insatisfaction envers les élus : les médias feraient partie du problème

Mireille Lalancette est cotitulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie, le vivre-ensemble et les valeurs communes du Québec. (Photo : courtoisie)
La couverture négative des politiciens par les médias contribuerait grandement au cynisme de la population et au sentiment d’insatisfaction envers les élus. C’est ce que déplore l’ex-député du Parti québécois et ex-maire de Péribonka Denis Trottier.
« Ce que j’ai trouvé le plus difficile dans ma carrière politique, que ce soit à n’importe quel niveau, c’était la relation avec les médias. Les médias nationaux, surtout. »
La professeure en communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières Mireille Lalancette partage l’impression de Denis Trottier. « Les médias ne soulignent jamais les bons coups. On ne parle pas en bien du monde politique. On ne parle que de ce qui va relever de la chicane, des problèmes, des mauvais coups. »

Denis Trottier a été député du Parti québécois de 2007 à 2014 de Roberval. Il a aussi été maire de Péribonka de 2001 à 2005. (Photo: courtoisie)
L’animateur de Planète radio du Lac-Saint-Jean Louis Arcand est d’avis que la population est insatisfaite de la politique. Toutefois, selon lui, ce seraient les politiciens qui créent cette impression.
« Les politiciens qui disent une chose et son contraire quelques semaines plus tard amènent les gens à être cyniques envers la politique. De là à mettre la faute sur les médias parce que les politiciens ne tiennent pas leurs engagements, je pense qu’on n’est pas là. »

Louis Arcand est animateur de radio au Lac-Saint-Jean depuis plus de 40 ans. (Photo : courtoisie)
Rappelons qu’un sondage Léger publié début novembre a révélé que 71% de la population québécoise est insatisfaite du travail du premier ministre François Legault. Le sondeur a également démontré que près de six Québécois sur dix souhaitent qu’il quitte son poste de premier ministre.

Ce sondage Léger a été collecté du 7 au 10 novembre. La marge d’erreur est de + / – 3,1%, et ce, 19 fois sur 20. (Source : Léger/Québecor)
La politique américaine reflétée ici
Le contexte politique actuel des États-Unis contribuerait à augmenter ce doute de la population envers la politique. Il est à son « paroxysme », selon M. Trottier. « Le fait que le plus fou d’entre nous soit président des États-Unis, ça n’aide pas à ne pas être cynique. »
Ce n’est pas qu’une impression de l’ex-député péquiste. Selon le sondeur Pollara, près de six Canadiens sur dix ont affirmé en 2024 que l’arrivée de Donald Trump au pouvoir a affaibli la démocratie aux États-Unis.
Ladite « cassette »
La chercheuse Mireille Lalancette souligne que la façon dont les politiciens communiquent envers la population accentue ce doute constant de la population.
« En utilisant la langue de bois, en répétant les mêmes cassettes, en agissant de façon électoraliste, les politiciens peuvent aussi encourager ce cynisme. »
Denis Trottier croit de plus que les déboires de la CAQ ont beaucoup affecté la confiance de la population envers les politiciens. « Quand le monde a de la misère à payer leur loyer et qu’ils voient qu’il y a de l’argent gaspillé dans l’État, dans Northvolt, par exemple, c’est sûr que la population ne peut pas faire autrement que d’être cynique. »
L’absence d’un projet commun
Denis Trottier ne voit pas d’un bon œil la société québécoise en ce moment.
« Présentement, on n’a pas de projet commun au Québec. Je dirais que la seule affaire qui est commune au Québec, c’est la division. La division entre les jeunes et les vieux. La division entre les ruraux et les urbains. La division entre les multiculturalistes et les nationalistes. »
Pour l’ex-politicien jeannois, le Québec doit se doter d’un projet rassembleur.






