Héma-Québec courtise les jeunes

D’après la conseillère au recrutement des donneurs, Emilie Morneau-Guérin, Héma-Québec organise plus de 2 300 collectes mobiles par an. (Photo : Alicia Flageol)
Héma-Québec a une mission. Son défi : renouveler sa base de donneurs afin d’être en mesure de recueillir les 1 000 dons quotidiens dont il a besoin. Pour y arriver, l’organisme à but non lucratif (OBNL) va à la recherche des jeunes, qui sont moins nombreux sur les chaises de dons.
Selon les statistiques d’Héma-Québec, ce sont à peine 2,45 % des adultes au Québec qui ont participé à une collecte en 2024. C’est un chiffre alarmant pour l’organisation qui redouble d’efforts quotidiennement pour rejoindre la plus jeune génération de donneurs. L’OBNL doit renouveler sa flotte de donneurs pour s’assurer de garder le cap sur son inventaire. L’organisme est la seule source de sang pour les hôpitaux du Québec.
Sensibiliser pour recruter
« Le défi c’est surtout d’aller rejoindre les gens où ils le sont », explique la conseillère au recrutement des donneurs, Emilie Morneau-Guérin. La solution à ce problème : les collectes mobiles dans les universités et les Cégeps.
En visitant les établissements d’enseignement supérieur de la province, l’OBNL peut non seulement récolter des dons, mais aussi éduquer la plus jeune génération de donneurs, les 18-29 ans. « À 18 ans, c’est l’heure de voter, on peut aller s’asseoir dans un bar légalement, mais c’est aussi le moment de commencer à donner », lance Mme Larivée.
Pourquoi se concentrer davantage sur les jeunes même s’il y a un bassin de population énorme qui peut encore être mis à contribution? La réponse est simple pour l’organisme. « Le don de sang, c’est la vie », affirme la porte-parole.

Josée Larivée, porte-parole chez Héma-Québec. (Photo : Alicia Flageol)
Les jeunes répondent à l’appel
Le 12 novembre dernier, l’équipe d’Héma-Québec était présente au cégep de Jonquière pour une collecte mobile. Sur place, les jeunes étaient fiers de leurs dons et de leur implication dans une telle initiative. « Pour moi, c’est un geste simple qui vient en aide aux gens. C’est facile, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas. […] J’y retournerai, quand elle reviendra, ou j’irai à Chicoutimi dès que je pourrai », raconte Solène Binet, une jeune femme présente à la collecte mobile.

Plusieurs jeunes se sont déplacés ou libérés pour aller donner du sang au Cégep de Jonquière le 12 novembre dernier. (Photo : Alicia Flageol)
Pour d’autres, le don fait partie d’une routine. « C’est une tradition, moi et ma sœur on y va souvent ensemble », explique une autre jeune femme, Romane Geus.
Des statistiques frappantes
Chez les 18-29 ans, le taux de dons a diminué de plus d’un pour cent en cinq ans. Ce groupe d’âge représente environ un septième de la population du Québec.
En 2019, 4,09% des jeunes donnaient. En 2024, il s’agissait de 3,02% de jeunes ayant entre la majorité et la trentaine présents aux collectes.
Cependant, pour les autres groupes d’âge, le changement n’est pas aussi frappant. En ce qui concerne le groupe d’âge 30 à 39 ans, il y a une baisse de 0,12 %. Chez les 60-70 ans, c’est plutôt une augmentation de 0,67%.

Graphique selon les données obtenues par Héma-Québec.
Ce que Josée Larivée mentionne sur la présence des jeunes au Centre de dons, c’est la chute marquante depuis la pandémie. Elle développe que les autres groupes d’âge n’ont pas autant chuté entre 2020 et 2021, alors que les 18-29 ans ont perdu leur tendance.
Le taux de pénétration de la population du Québec en général a lui aussi chuté dans les 15 dernières années.

Graphique selon les données obtenues par Héma-Québec.
La porte-parole rappelle que tous les dons sont importants, qu’ils sont tous utilisés. « Chaque don compte », insiste-t-elle. Cependant, elle admet que le recrutement demeure essentiel. « À un moment donné, on arrive dans notre vie où le corps vieillit et on prend certains médicaments, et, malheureusement, on ne peut plus donner », éclaircit Mme Larivée.
« Tout le monde, à un moment dans sa vie, aura besoin de sang », déclare Mme Morneau-Guérin. Elle ajoute que depuis 1998, l’organisme a toujours su relever le défi de récolter suffisamment de sang. « Avec un seul don, on va pouvoir sauver quatre vies », lance avec fierté la conseillère.






