Les jeunes servants de messe : une espèce en voie de disparition

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L’Église Sainte-Famille de Jonquière est l’une des seules églises de la région où des jeunes sont encore impliqués. (Photo : Roseline Pelletier)

Depuis maintenant trois ans, Antoine Coulombe agit comme servant de messe à l’église Sainte-Famille de Jonquière. Avec la baisse de fréquentation des lieux religieux, l’implication de ce jeune représente un cas d’exception.

Antoine raconte que cet engagement était à la base une punition infligée par son père. « J’étais à l’église comme chaque dimanche et je niaisais avec ma sœur.  Puis là mon père nous a dit que si on continuait, on allait servir la messe. Depuis, je n’ai pas arrêté et j’aime ça », précise-t-il.

Antoine Coulombe écarte la possibilité d’être prêtre, car il veut se marier. (Photo : Roseline Pelletier)

Antoine essaie de rester discret à propos de ces responsabilités. « Je n’en parle pas vraiment à mes amis sinon ils me font des blagues là-dessus. » Cependant, le garçon de 14 ans ne regrette pas du tout son implication. « Je me dis que c’est un peu grâce à moi si le curé peut faire son travail », explique-t-il.

« Le rôle d’un servant de messe, c’est essentiellement d’aller chercher le calice, les burettes qui sont remplis de vin, qui sont sur une petite table, et de les ramener à l’autel », explique le responsable des communications au diocèse de Chicoutimi, Jean Gagné.

Jean Gagné a lui-même servi la messe étant enfant. (Photo : Roseline Pelletier)

« On en a eu beaucoup des enfants qui servaient la messe. Mais à un moment donné, avec le fait qu’on a de moins en moins de jeunes qui viennent à l’église, on a de moins en moins de relève », ajoute Jean Gagné.

Il rappelle que c’est un travail bénévole, ce qui rend difficile la recherche de volontaires. Cela s’explique autant par la baisse générale de la pratique religieuse que par le manque de temps dont dispose la plupart des gens.

Il ajoute que ce sont surtout les personnes âgées, plus croyantes et avec plus de temps, qui acceptent le plus volontiers de remplir ce rôle.

La non-rémunération de cette tâche ne dérange pas Antoine. « Je ne suis pas payé, mais ça ne me dérange pas. Je considère que je le fais pour le bon Dieu », confie le garçon.

Antoine se fait toutefois du souci sur la place qu’occupera sa religion dans le futur. « Comme il y a juste des personnes âgées, dans vingt ans c’est quoi ? Il n’y aura plus personne ? Ça va être la fin », s’inquiète-t-il.

Rebecca Lapointe est une ancienne servante de messe. Elle a occupé cette fonction dans son enfance. Bien qu’elle ne soit pas du tout croyante, elle en garde des souvenirs très positifs.

« Je me sentais très valorisée quand je servais la messe », déclare l’enseignante en informatique au Cégep de Jonquière. « Je pense que c’est bon pour l’estime de soi des enfants. Ça leur permet de se sentir important et d’avoir un sens de la responsabilité », ajoute-t-elle.

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