Situation complexe pour les femmes dans les métiers dits « masculins »

Karine Bouchard est employée chez Rio Tinto pour Services de personnel Saguenay (SPS) depuis 4 ans.
(Photo : courtoisie)
Si on se fie aux chiffres comme ceux de Statistique Canada, on pourrait croire que la situation des femmes dans les métiers majoritairement masculins s’est améliorée dans les dernières années. Sur le terrain, la situation est plus complexe.
La professeure en relations industrielles à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Diane Gagné, explique que « la Commission des droits de la personne a changé sa manière de comptabiliser les statistiques, c’est-à-dire qu’elle a fait de grandes catégories ». Certains milieux de travail majoritairement masculins sont donc réunis avec d’autres milieux où il y a déjà une prédominance féminine. « Les secteurs où c’était vraiment précaire deviennent plus précaires, mais on ne le voit pas dans les chiffres », précise-t-elle.

Diane Gagné est membre du Réseau québécois en études féminines (RéQEF).
(Photo : RéQEF)
Selon elle, ce sont les mêmes barrières qu’avant qui font stagner la progression, comme la conciliation travail-famille, la méconnaissance et le travail difficile. « Ce sont les conditions de travail qui n’ont pas évolué. »
« C’est très structurel et très culturel aussi », continue-t-elle. Elle affirme que « les femmes ne choisissent pas ce genre de métier là ». La situation est similaire pour les métiers à prédominance féminine : peu d’hommes choisissent ces vocations.
Elle estime que les entreprises devraient s’adapter aux jeunes qui entrent sur le marché du travail. Par exemple, ce ne sont plus seulement les femmes qui sont impliquées dans la maternité. « Les jeunes arrivent et, pour eux autres, c’est important la conciliation travail-famille. Il va falloir qu’on s’en préoccupe », précise-t-elle.
Pour elle, une autre solution afin d’inciter les jeunes femmes à choisir ces métiers serait de mettre en avant « l’expertise au féminin ». Elle souhaiterait qu’un programme de mentorat soit instauré pour donner des exemples de femmes travaillant dans des milieux reconnus comme masculins aux plus jeunes.
Enjeux
Sur le terrain, employée chez Rio Tinto pour Services de Personnel Saguenay Inc. (SPS), Karine Bouchard, trouve que ses conditions de travail sont adéquates. Selon elle, la compagnie est très sévère quant au respect. « Chez Rio Tinto, le harcèlement par rapport au sexe, à l’orientation sexuelle, la nationalité, c’est puni plus sévèrement que des agressions physiques. Ils prennent vraiment ça à cœur. Juste dire un mot déplacé, la personne peut être sanctionnée deux jours à la maison sans salaire. »
En revanche, elle a déjà eu affaire à des commentaires misogynes. Elle avoue que ce sont les générations plus âgées qui ont des doutes sur les capacités des femmes. « Ils doutent un peu de nous. Mais les plus jeunes, il n’y a aucun problème. Et on fait notre place, puis on leur montre qu’on est capable de le faire. Puis, si on est là, c’est parce qu’on a eu les formations. »






