Se mettre les mains dans la terre pour consommer local

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Pour avoir une place dans l’un des jardins communautaires de Jonquière, il faut la réserver à l’ouverture des inscriptions, qui se fait de la fin mars à la mi-avril. (Photo : Unsplash) 

Consommer local peut se faire à moindre coût grâce à différentes alternatives, telles que des jardins communautaires et des forêts nourricières. Au Saguenay, ce sont des ressources accessibles. 

On peut retrouver une quinzaine d’espaces alimentaires communautaires dispersés un peu partout à travers la ville. Bien que les jardins communautaires et les forêts nourricières sont des concepts différents, ils ont le même but. Ces endroits permettent aux personnes de récolter elles-mêmes des fruits et des légumes lors de la saison des récoltes. 

Les jardins communautaires, l’art de savoir jardiner  

La Table de la sécurité alimentaire de Jonquière (TSAJ) gère deux jardins communautaires à Jonquière, un à l’hôpital et l’autre au parc Alcide-Reid à Kénogami. « Le but de ces deux jardins, c’est vraiment d’avoir accès à de la nourriture biologique, saine et à faible coût », explique Kim Gagnon, intervenante à la TSAJ pour le Centre d’Action Bénévole Entre-Êtres de Jonquière (CABEEJ).

Jeune femme dans les bureau de la CABEEJ
La Table de la sécurité alimentaire, dirigée par Kim Gagnon, propose des activités qui s’adressent aux personnes en situation d’insécurité alimentaire. L’organisation est associée au CABEEJ. (Photo : Zélia Letullier) 

Dans les jardins communautaires, chaque usager a ses parcelles et ses bacs réservés, afin de jardiner et de récolter ce qu’il souhaite. La TSAJ s’occupe de prêter les outils nécessaires ainsi que de fournir des semences. Sinon, les participants sont invités à se procurer leurs propres graines en magasin ou bien même à la bibliothèque. « C’est vraiment beaucoup moins coûteux quand on fait pousser [les aliments] par nous-mêmes », indique Kim Gagnon. 

Bien qu’avoir une parcelle de jardin semble magique pour produire des aliments, la jeune femme rappelle qu’il « faut être prêt à investir du temps dedans ». En effet, elle raconte qu’il faut être prêt à y aller tous les jours pour s’en occuper. « [Faire pousser nos aliments] a fonctionné pendant des millénaires », relève-t-elle avec enthousiasme. « Je suis persuadée que le portefeuille de chacun ira mieux, mais aussi que la santé globale du monde ira mieux. » 

Les forêts nourricières, un lieu de partage  

En comparaison avec les jardins communautaires, tout le monde peut se servir dans une forêt nourricière. Au Saguenay, on peut retrouver plusieurs forêts nourricières, dont celle de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui est entretenue par le Comité vert de l’institution. 

On peut y retrouver toutes sortes de fruits, tels que des framboises et des baies, mais également des herbes aromatiques. « La forêt nourricière, c’est accessible à tous et tout le monde peut l’entretenir. Oui pour les étudiants de l’université, mais pour toutes les personnes qui vivent au Saguenay. C’est quand même un petit choix qui amène du bonheur pour les gens », déclare Joseph Deslandes, le secrétaire du Comité vert de l’UQAC. 

Depuis quelque temps, la forêt nourricière a été reprise en main et elle connaît un franc succès. « C’est quelque chose qui est relativement connu, pas juste à l’UQAC, mais aussi à l’extérieur. L’été, il y a des camps de jour qui viennent, il y a plusieurs personnes dans le quartier qui viennent. Juste quand on s’assoit ici le midi, on peut voir qu’il y a du monde qui passe », témoigne Xavier Archambault, le président du Comité vert de l’UQAC. 

Aller au-delà de la récolte  

Les espaces nourriciers communautaires servent bien plus qu’à récolter des aliments. Dans les jardins communautaires à Jonquière, les habitués ont créé des liens et forment maintenant une petite communauté. « Ça fait qu’ils se motivent ensemble, ils vont apprendre l’un de l’autre. Je croise des personnes de plusieurs nationalités différentes, ça permet de connaître d’autres plats », raconte Kim Gagnon. « Tu vois ton travail, tu vois ce que ça donne, tu vois le résultat de A à Z, c’est super gratifiant », assure-t-elle en parlant de sa propre expérience en jardinage. 

Participer à la récolte de ses propres produits laisse également une place à l’éducation. « Ça permet à la communauté étudiante d’avoir les mains dans la terre. On est tellement déconnectés de comment nos fruits et légumes poussent. Juste de pouvoir apprendre aux étudiants à faire ça, ça n’arrive pas souvent », témoigne une étudiante de l’UQAC qui utilise la forêt nourricière fréquemment. 

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