Les travailleurs étrangers : des alliés pour l’accessibilité aux produits maraîchers québécois

Les Serres Belle-de-Jour à Saint-Nazaire accueillent des travailleurs étrangers depuis 11 ans. (Photo : Raphaëlle Charbonneau)
Pour plusieurs entreprises québécoises, les travailleurs étrangers leur ont permis de ne pas faire faillite. Reconnus pour être vaillant, ils font une réelle différence dans le domaine de l’agriculture au Québec. En venant travailler ici, les travailleurs étrangers permettent aux Québécois de consommer des produits de chez eux.
« Je suis certain que s’il n’y avait pas de travailleurs étrangers, l’agriculture comme on la connaît aujourd’hui, n’existerait plus au Québec. On devrait importer toute la nourriture parce qu’on ne pourrait pas la produire nous-mêmes », déclare le directeur général de FERME, l’organisme à but non lucratif qui fait le pont entre les entreprises québécoises et les pays des travailleurs étrangers, Fernando Borja.
Avec les temps qui changent, les Québécois ne veulent plus faire ce genre de travail. « On avait toujours des problèmes à garder les Québécois et à ce qu’ils soient assidus. Souvent, c’étaient des jeunes qui travaillaient, ils disaient qu’ils allaient rentrer et ils ne rentraient pas. On devait s’organiser pour faire le travail », partage la copropriétaire de la Ferme laitière Liégeoise à Albanel, Sabrina Gagnon.

« Beaucoup pensent que les travailleurs étrangers volent des jobs, mais en réalité, ils n’en volent pas. Grâce à eux, il y a beaucoup d’entreprises qui sont encore en vie, qui seraient fermées s’ils n’étaient pas là, dont la mienne », confie la copropriétaire de la ferme laitière Liégeoise, Sabrina Gagnon. (Photo : Courtoisie)
« Le travail dans les serres ou dans les champs c’est dur. Il fait très chaud, c’est physique, les travailleurs québécois ne veulent plus faire ça. […] Les travailleurs étrangers sont habitués de travailler à la chaleur, ce n’est pas ça qui les dérange du tout », renchérit la présidente des Serres Belle-de-Jour à Saint-Nazaire, Claudia Bilodeau Turcotte.

« Nos travailleurs, c’est rendu une famille, on les aime d’amour, ils sont comme nos enfants. Il faut s’en occuper, quand ils ont des petits problèmes, à l’hôpital ou autres, ils se réfèrent tout le temps à nous autres », affirme Mme Bilodeau Turcotte. (Photo : Raphaëlle Charbonneau)
Venir travailler au Québec pour les travailleurs étrangers est une opportunité qu’ils saisissent à deux mains. « Ils viennent ici pour travailler, leur but n’est pas de niaiser, de sortir ou de veiller. Ils sont vraiment ici pour travailler et se ramasser de l’argent à envoyer à leur famille », rapporte la copropriétaire de la ferme laitière, Mme Gagnon.
« Dans le secteur de l’horticulture, tout est récolté à la main, alors sans les groupes de travailleurs étrangers, ça serait impossible de semer et de cultiver les produits horticoles et même fruitiers », explique le directeur général de l’organisme FERME, Fernando Borja.
« Les agriculteurs vont vers la main-d’œuvre étrangère parce que c’est la plus stable à long terme », expose la responsable des travailleurs étrangers temporaires de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Kathleen Bélanger.
Les entreprises sont plus aptes à miser gros. « Ils peuvent planifier et prendre des risques pour leurs entreprises parce qu’ils savent qu’ils vont avoir un groupe de travailleurs pour planter et récolter à la fin. Tandis que quand ils engagent des travailleurs locaux, le problème est que l’employeur ne sait pas si le Québécois va travailler toute la saison », remarque M. Borja.

« Toutes les entreprises ont besoin de travailleurs. Ils ne font pas venir assez de travailleurs étrangers pour tout le travail qu’il y a à faire », assure Fernando Borja. (Photo courtoisie)
« L’agriculture est une grande partie de l’économie rurale, sans les entreprises agricoles, ça serait beaucoup de pertes économiques pour le Québec. Pour les employeurs, même si ça coûte plus cher d’engager un travailleur étranger plutôt qu’un travailleur local, ils n’ont pas le choix parce qu’ils n’ont pas un nombre suffisant de travailleurs québécois », expose M. Borja.
Les gouvernements fédéral et provincial appliquent des coupures migratoires dans plusieurs secteurs, dont la transformation alimentaire et le paysagement. Le domaine de l’agriculture est considéré comme un secteur essentiel, alors les travailleurs étrangers peuvent continuer de venir travailler au Québec.






