BALEIN’eau, plonger la tête première

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Charles crée un lien de confiance avec sa monitrice Léa Rodrigue chaque dimanche (Photo – BALEIN’eau)

Les cours de natation ont permis à Charles d’apprendre les techniques de base de natation tout en s’amusant (Photo – BALEIN’eau)

Qu’arrive-t-il lorsqu’un enfant ayant des besoins particuliers souhaite apprendre à nager ? Pour plusieurs familles, l’accès à des services adaptés en loisirs est un réel défi. Depuis peu, l’organisme BALEIN’eau offre des cours de natation justement conçus pour ces jeunes qui ont aussi besoin de bouger.

« Pour les jeunes de 6 à 12 ans, c’est excessivement difficile de trouver un cours ou un sport qui est adapté pour eux », explique Andrée-Anne Lamontagne, présidente du comité des élèves en situation de handicap et des élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage à l’école dans une école primaire. Avant tout maman, elle a décidé d’inscrire son garçon, Charles, aux cours de BALEIN’eau dès la création du projet.

Charles crée un lien de confiance avec sa monitrice Léa Rodrigue chaque dimanche

Charles crée un lien de confiance avec sa monitrice Léa Rodrigue chaque dimanche (Photo – BALEIN’eau)

L’objectif est clair : s’amuser dans un environnement conçu pour eux.

Les jeunes apprennent sous la formule du jeu sans bonnet de bain afin de rendre leur moment aquatique, d’une durée de 30 minutes, agréable. Ils sont accompagnés par tout un groupe de moniteurs et monitrices, pas moins de 21 étudiants, issus des domaines de la santé ou de domaines connexes, consacrent leur temps bénévolement pour offrir des cours privés de natation.

« La région aurait dû avoir un programme de la sorte depuis déjà de nombreuses années. C’est un service essentiel pour des jeunes comme les nôtres », ajoute la mère.

Un projet rempli de sens

Le projet a vu le jour l’an dernier, lorsque Sara-Jeanne Gélinas, étudiante en médecine à l’Université de Sherbrooke, au site de Saguenay, et monitrice-sauveteuse, s’est impliquée dans cette initiative. « Il s’agit de cours de natation adaptés pour les jeunes qui ont de la difficulté à se retrouver dans un groupe régulier. Quelques jeunes sont en même temps dans l’eau, seuls avec leur moniteur, permettant d’être à l’aise. Les parents sont tout près, tout est prévu pour rendre leur moment inoubliable », explique la jeune femme de 22 ans.

BALEIN’eau existe depuis plusieurs années dans la région de Québec, et l’organisme à but non lucratif (OBNL) a récemment décidé d’étendre son territoire jusqu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Je connaissais bien le milieu aquatique et, étant donné que j’étudie en santé, ça rejoignait plusieurs de mes intérêts », indique Sara-Jeanne avec enthousiasme.

« J’ai été mise en contact avec la personne qui gère l’organisme à Québec et, voilà, on était lancés », renchérit l’étudiante universitaire.

Sara-Jean Gélinas et sa collègue Gabrielle Delwiche croient au potentiel de BALEIN’eau au Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Photo – BALEIN’eau)

Sara-Jeanne Gélinas et sa collègue Gabrielle Delwiche croient au potentiel de BALEIN’eau au Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Photo – BALEIN’eau)

Malgré tout, elle a rencontré certaines embûches dans son parcours. L’initiative arrivait dans une nouvelle ville et devait se faire connaître ; il fallait trouver une solution.

« On a créé une page Facebook et envoyé de l’information aux organismes communautaires, aux écoles et aux centres communautaires pour qu’on entende parler de nous », souligne Sara-Jeanne.

Dès la première session, l’organisme a permis à 25 jeunes de s’épanouir dans l’eau. Aujourd’hui, ils sont 36 à prendre part aux activités.

Un manque dans la région

Le manque de piscines dans la région représente une problématique majeure, non seulement pour Sara-Jeanne et son équipe, mais aussi pour plusieurs autres organismes du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

L’équipe de BALEIN’eau a d’ailleurs été consultée par les Olympiques spéciaux et l’Association régionale de loisirs pour personnes handicapées du Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de répondre à une demande de cours de natation adaptés pour une clientèle adulte. Cependant, ils ont dû refuser, à contrecœur, faute d’infrastructures disponibles et des moniteurs qui sont limités.

Actuellement, les activités de BALEIN’eau se déroulent dans le bassin de l’école secondaire des Bâtisseurs (édifice Kénogami). Pas de chance : celui-ci fermera ses portes pendant près d’un an pour des rénovations.

« Il faut que je retrouve une autre piscine avec une plage horaire qui correspond à nos critères », mentionne Sara-Jeanne Gélinas.

Présentement, sur le territoire, seuls le cégep de Jonquière et le Foyer des loisirs offrent des activités aquatiques en continu.

Le plan d’eau de l’école secondaire Dominique-Racine est également accessible, mais avec une plage horaire limitée.

« On ne peut pas mettre quinze jeunes en même temps dans la piscine. On perdrait notre objectif d’offrir un environnement réellement adapté aux jeunes qui ont des particularités sensorielles», souligne-t-elle.

Sara-Jeanne reste optimiste dans ses recherches et souhaite permettre à encore plus d’enfants de vivre l’expérience BALEIN’eau.

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