Amical : une technologie innovante pour soutenir les ainés

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Villa de Chicoutimi

Villa de Chicoutimi, résidence privée pour retraités (Photo : Noah Gauthier Morin)

Depuis quelques mois, plusieurs résidences pour aînés ont fait l’acquisition du téléphone de l’entreprise Amical. Ce téléphone est en fait un compagnon IA pour les personnes atteintes de troubles neurocognitifs. Il permet la discussion avec les résidents…  même si un résident ne parle pas !

Conçu à l’aide de l’intelligence artificielle et créé au Québec, ce téléphone permet à ces aînés de maintenir des habiletés cognitives et de recevoir des messages personnalisés, par exemple des rappels pour un rendez-vous ou la prise d’un médicament. Et c’est aussi un vrai téléphone ! En mode ia, il suffit de prendre le combiné, de le glisser vers l’oreille et ensuite de discuter avec lui. Si la personne est muette ou a des troubles verbaux, le téléphone lui parlera afin de la tenir occupée. Il faut cependant que le préposé paramètre le téléphone de son coté pour qu’il soit adapter à son utilisateur.

«Ce sont des personnes qui veulent beaucoup avoir des opportunités de discuter, mais qui, en raison de leurs incapacités, ont de la difficulté à avoir des discussions cohérentes et longues», affirme Marie-Ève Lamontagne, professeure à la faculté de médecine et chercheuse à l’Université Laval.

«Amical permet à ces aînés d’avoir une discussion à toute heure du jour. Certains d’entre eux font des appels répétés à leurs proches mais les proches ne sont pas toujours disponibles pour avoir des conversations», poursuit-elle.

Ces résidents ne savent pas que c’est l’intelligence artificielle qui discute avec eux.

Ces résidents ne savent pas que c’est l’intelligence artificielle qui discute avec eux.

Un appareil qui a du potentiel

Présentement, il est accessible à tous, pas uniquement aux résidences. Diane Lapointe est coordonnatrice au Centre d’action bénévole de Laterrière et admet que certains clients l’appellent souvent. « Il y a une madame, une fois, qui m’a demandé un rendez-vous pour aller chez le médecin et qui m’a appelé 26 fois dans la même journée pour être certaine qu’elle avait pris rendez-vous avec moi. »

Mme Lapointe appelle environ six personnes par jour dans le cadre du « Bonjour quotidien », un service fourni par le Centre d’action bénévole. Elle reconnaît qu’un téléphone comme Amical pourrait permettre à ces gens-là de parler plus longtemps.

Entre protection et inquiétudes

Quelques proches de personnes ayant des troubles cognitifs ont démontré de l’inquiétude par rapport à cet appareil, notamment son utilisation de l’intelligence artificielle.

Marie-Ève Lamontagne effectue présentement une recherche avec l’Université Laval pour voir l’accessibilité et les effets sur les usagers. La recherche a commencé récemment, donc il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Mais elle pense néanmoins que le dispositif est sécuritaire.

«L’appareil répond à tous les critères de sécurité, les serveurs sont au Canada, les conversations ne sont pas enregistrées, il n’y a pas de mémorisation qui se fait au niveau de l’intelligence artificielle.»

L’humain en priorité

Marie-Ève Lamontagne et Diane Lapointe soutiennent qu’il faut continuer de prioriser les relations humaines puisque le contact humain demeure essentiel pour eux. Le téléphone Amical ne remplacera jamais une voix familière ou une présence aimée. Il pourrait toutefois offrir, dans les moments de solitude, une oreille attentive à ceux qui ont besoin de s’exprimer. Et les aider à maintenir des compétences ?

 

 

 

 

 

 

 

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