Paris sportifs au Québec : la légalité mise en jeu

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Selon la Coalition québécoise du jeu en ligne, si le gouvernement du Québec mettait en place un système beaucoup plus réglementé, plus de 300 millions de dollars par année pourraient être générés, tout en offrant une meilleure protection aux joueurs. (Photo : Guillaume Larouche / Application : Stake) 

Au Québec, la seule entreprise légalement autorisée à offrir des paris sportifs en ligne est Loto-Québec, par l’entremise de Mise-o-jeu+. Pourtant, différentes plateformes américaines, telles que Bet99, Stake ou Rainbet, gagnent en popularité auprès des Québécois, devançant parfois même Mise-o-jeu+. 

Pourquoi retrouve-t-on alors, ces sites au Québec ? Sont-ils légaux ? « Au Québec, il n’y a pas d’ambiguïté : si ce n’est pas Loto-Québec, ce n’est pas légal. Le site lotoquebec.com, sur lequel on peut parier à Mise-o-jeu, est le seul site 100 % légal, sécuritaire et intègre dans la province », explique le porte-parole et directeur des relations médias de Loto-Québec, Renaud Dugas.  

 La porte-parole de la Coalition québécoise du jeu en ligne, Ariane M. Gauthier, explique que le Québec maintient un monopole théorique de Loto-Québec en ligne, mais que, dans les faits, les joueurs ont accès à une multitude de sites privés étrangers. Selon elle, interdire une chose ne fait pas en sorte qu’elle cesse d’exister. 

Loto-Québec a signé des ententes d’exclusivité avec de grands médias francophones et des équipes sportives afin de limiter l’exposition du public à ces sites jugés illégaux. La situation au Québec est bien différente de celle observée ailleurs au pays, notamment en Ontario, où l’on remarque une explosion de la publicité liée aux jeux de hasard et d’argent. 

Selon Loto-Québec, au terme de l’exercice 2023-2024, la société d’État a redistribué plus de 3 G$, soit un important dividende de 1,508 G$ au gouvernement du Québec et 1,575 G$ à des gagnants. Il s’agit de ses meilleurs résultats en près de 20 ans.

  

Cependant, la situation demeure complexe. « Si le Québec se décidait à imposer les mêmes règles à Loto-Québec et aux plateformes privées — ce que demande la Coalition québécoise du jeu en ligne —, il aurait le loisir de définir ses normes, notamment en matière de publicité », explique Ariane M. Gauthier. Actuellement, ce sont différents organismes qui doivent déterminer si les publicités proposées sont conformes. Autrement dit, il n’existe pas de règle précise établie par le gouvernement du Québec sur ce qui est permis ou non en matière de publicité pour les sites de jeu en ligne autres que Loto-Québec. 

Ariane M. Gauthier est porte-parole depuis plus de deux ans à la Coalition québécoise du jeu en ligne, un regroupement d’acteurs de l’industrie qui demande au gouvernement du Québec d’encadrer de façon claire et équitable les plateformes de jeu en ligne. (Photo :Courtoisie) 

La montée inquiétante des paris sportifs 

Les sites de paris sportifs connaissent une impressionnante montée en popularité chez les jeunes. Qu’est-ce qui explique cet engouement, et en quoi cela peut-il être dangereux ? 

  La professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal, Magalie Dufour, explique que la publicité influence grandement la popularité de ces sites. « On voit même, avant les matchs, qu’on parle des paris sportifs. Il y a comme un environnement qui, à la fois, normalise et favorise le jeu. » 

  Elle poursuit : « Présentement, on est dans un environnement où, auparavant, pour parier sur les paris sportifs, il fallait absolument miser sur trois événements en même temps, ce qui faisait en sorte que les utilisateurs y pensaient deux fois avant de parier. Maintenant, on peut parier sur un seul événement. Je peux donc miser uniquement sur le match du Canadien, par exemple, ce qui n’était pas possible avant. » 

Avec les olympiques à Milano Cortina ainsi que le Superbowl, les utilisateurs devront faire encore plus attention à ne pas trop dépenser. 

En 2018, la Cour supérieure du Québec a invalidé la loi obligeant les fournisseurs d’accès Internet à bloquer certains sites de jeu en ligne, une décision confirmée par la Cour d’appel en 2021, au motif que cela relevait de la compétence fédérale. (Photo : Guillaume Larouche) 

 

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