Les soins coréens sont-ils vraiment meilleurs ?

Entre routines en plusieurs étapes et promesses de « glass skin », les soins coréens séduisent de plus en plus de jeunes adultes, notamment grâce aux réseaux sociaux et aux résultats qu’ils promettent. Mais au-delà de la tendance, que peut-on réellement attendre de cette approche?

Des magasins spécialisés comme C&C Cosmetics ou The K-Shop offrent désormais des soins de peau coréens authentiques à Montréal. (Photo : The Entry, par Moona.Store (CC BY-SA 2.0))
Depuis quelques années, le skincare coréen s’impose sur les réseaux sociaux et dans les pharmacies québécoises. Selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, qui rapporte des données du ministère sud-coréen de la Sécurité alimentaire et pharmaceutique, l’industrie cosmétique coréenne a atteint un record de 14,23 milliards de dollars en exportations en 2024, plaçant la Corée du Sud au troisième rang mondial des exportateurs de cosmétiques. Cette croissance s’explique notamment par l’attrait pour des produits axés sur l’hydratation, la prévention et des routines inspirées de la K-beauty.
Une approche centrée sur la prévention et la barrière cutanée
Selon la Dre Émilie Bourgeault, dermatologue, la principale différence entre les soins coréens et les soins occidentaux réside dans l’approche derrière les produits. « Le skincare coréen met surtout l’accent sur la prévention, l’hydratation et le respect de la barrière cutanée, alors que les soins occidentaux sont souvent plus axés sur le traitement ciblé, comme l’acné, les rides ou les taches », explique-t-elle.
Cette façon de faire se reflète dans des formulations riches en ingrédients hydratants comme la glycérine et l’acide hyaluronique, ainsi qu’en céramides, des lipides naturellement présents dans la peau. Selon une étude clinique menée par Spada et ses collègues, publiée dans la revue Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, les crèmes formulées pour imiter les mécanismes naturels d’hydratation augmentent significativement l’hydratation cutanée et réduisent la perte d’eau transépidermique.
La Dre Bourgeault nuance toutefois l’enthousiasme entourant ces ingrédients. « Des ingrédients comme la glycérine, les céramides, l’acide hyaluronique ou la niacinamide peuvent être bénéfiques, mais seulement s’ils sont bien formulés et adaptés au type de peau », précise-t-elle.

Acide hyaluronique. Actif hydratant, couramment utilisé en soins du visage et reconnu en dermatologie pour sa capacité à retenir l’eau et améliorer l’hydratation de la peau. (Photo : Freepik)
Des effets réels, mais variables
Pour Audréanne Bellavance, créatrice de contenu beauté et maquilleuse de formation, l’attrait des soins coréens repose surtout sur les résultats visibles et les textures légères. « J’ai entendu tellement de bons commentaires sur l’hydratation que ces produits apportent, en restant légers. Ayant la peau mixte, c’est exactement ce que je recherche », explique-t-elle. Elle ajoute aimer « le look très glowy, glass skin que ces produits donnent aussi ».
Selon elle, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la popularité de cette tendance. « Les médias sociaux sont au cœur des tendances depuis quelques années. Je pense qu’il y a eu une très forte augmentation de la popularité des produits asiatiques grâce au contenu viral sur Instagram et surtout TikTok », affirme-t-elle.

Audréanne Bellavance. Influenceuse beauté montrant régulièrement des routines et astuces de soins sur Instagram, TikTok et YouTube. (Photo : Audréanne Bellavance / Instagram)
Appel à la modération
Si les produits peuvent être efficaces, les deux intervenantes mettent toutefois en garde contre les excès. Audréanne Bellavance trouve exagéré « de tout changer sa routine d’un seul coup pour suivre la tendance des soins coréens » et rappelle que « c’est du skincare, pas un miracle ».
Un constat partagé par la Dre Bourgeault, qui observe une augmentation des problèmes cutanés liés à la surutilisation. « On voit souvent de la surutilisation de produits actifs, du surnettoyage et des exfoliations excessives, ce qui fragilise la barrière cutanée et provoque irritation ou acné », explique-t-elle.






