Artemis 2 : une mission spatiale motivée par la politique

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L’extérieur du planétarium de Saint-Félicien a fait peau neuve en 2025 après d’importants travaux de réfection (Photo : Édouard Cyr) 

Au-delà de sa mission orbitale autour de la Lune, Artemis 2 agit, pour les États-Unis, comme une réponse politique aux ambitions spatiales de la Chine, affirme le directeur du planétarium de Saint-Félicien Claude Boivin. 

Le programme Artemis vise à envoyer à nouveau des humains sur la Lune d’ici 2028. À long terme, ce programme permettrait de créer le Lunar Gateway, une station spatiale en orbite lunaire qui pourrait servir de tremplin vers Mars dans quelques décennies. 

Le directeur du planétarium de Saint-Félicien, Claude Boivin, ne peut toutefois s’empêcher de tracer un parallèle avec les motivations politiques des atterrissages sur la Lune lors des missions Apollo. « Pourquoi on est allé sur la Lune à la base? C’est parce que les Américains voulaient démontrer au monde entier qu’ils étaient meilleurs que les Russes. Et pourquoi maintenant on décide d’y aller? Au niveau politique, les Chinois mettent de la pression sur les Américains », déclare le directeur. 

Le garde-parc naturaliste et technicien spécialisé en astronomie de l’ASTROlab de Mont-Mégantic, Nicolas Ploix, corrobore en partie cette analyse. Il affirme que les Chinois sont « intéressés à aller explorer la Lune aussi ». « C’est vrai qu’il y a encore un contexte de pseudo-Guerre froide entre les Américains et les Chinois. Mais ce n’est pas un conflit en tant que tel: c’est une course », nuance-t-il cependant.  

Le directeur du planétarium de Saint-Félicien, Claude Boivin, explique que le budget accordé à Artemis aurait pu servi à développer de nombreuses recherches, entre autres sur la matière noire.  (Photo: courtoisie)

Le spécialiste en vulgarisation ajoute aussi que, contrairement aux années 60, il n’y a pas de risque de guerre nucléaire, mais qu’il y a plutôt une grande rivalité économique entre ces deux puissances mondiales. 

La Chine reste discrète sur ses avancées spatiales. Elle envoie périodiquement des satellites, mais ne divulgue aucune information sur ses aspirations. « Les Chinois, on ne sait pas à quel rythme ils avancent. Est-ce qu’ils iraient sur la Lune avant les Américains? On ne le sait pas », admet Nicolas Ploix. 

Un Canadien en orbite 

Parmi les quatre astronautes qui iront autour de la Lune, il y a un Canadien, Jeremy Hansen, de l’Ontario. Un Canadien à bord d’une mission de la NASA, ce n’est pas nouveau, mais avec les tensions politiques actuelles entre les deux pays, Claude Boivin ne peut pas s’empêcher d’y remarquer une certaine ironie. « Une chance que la sélection de l’équipage se soit faite avant les élections américaines parce que je pense qu’il nous aurait sacrés dehors ».   

Nicolas Ploix est garde-parc naturaliste et technicien spécialisé en astronomie à l’ASTROLab à Mont-Mégantic. (Photo: courtoisie)

Ce n’est pas la première fois que deux pays en désaccord collaborent pour une mission spatiale, rassure Nicolas Ploix. Depuis le début de la guerre en Ukraine, des astronautes de toutes les nationalités travaillent malgré tout dans la même direction : approfondir les connaissances spatiales. « Les débats politiques, les astronautes essaient de passer outre. Ils font la science comme on leur demande de la faire », précise-t-il. 

Mission reportée 

Le public devra patienter un peu plus longtemps avant de voir Artemis 2 décoller : la NASA a repoussé le lancement de la mission en raison d’une fuite d’hydrogène, le carburant de cette navette. Le départ de ces astronautes est reporté au mois de mars plutôt qu’en février comme prévu initialement. 

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