Écoles spécialisées au Québec : trop peu pour trop d’élèves

Une école spécialisée à mandat régional accueille des jeunes provenant de plusieurs centres de services scolaires et peut couvrir une région administrative complète. (Photo : Courtoisie)
Au Québec, plusieurs enfants ayant des besoins particuliers nécessitent des services éducatifs adaptés pour leur réussite scolaire. Les écoles spécialisées jouent un rôle important en offrant un encadrement structuré et des ressources professionnelles adaptées. Malheureusement, leur nombre limité crée des enjeux importants pour des familles ainsi que le réseau de l’éducation.
Les écoles spécialisées accueillent des élèves avec des troubles d’apprentissage, des handicaps intellectuels ou physiques ainsi que des troubles du spectre de l’autisme. L’enfant doit avoir un double diagnostic et une déficience intellectuelle moyenne pour y être admis. Il existe environ 50 établissements qui se distinguent par des classes à effectifs réduits et la présence de spécialistes tels que des orthopédagogues, psychoéducateurs, éducateurs spécialisés, ergothérapeutes ainsi que des physiothérapeutes.
Des parents confrontés à des démarches complexes
Bien que l’aide essentielle apportée par ces écoles soit reconnue, elles sont peu nombreuses et majoritairement situées dans les grandes villes. Cela limite leur accessibilité, particulièrement dans certaines régions du Québec. « C’est plein partout en ce moment et l’enjeu du transport est un gros problème. Demander à un enfant handicapé de faire une heure et demie de transport matin et soir, c’est énorme », explique Alexandra, enseignante spécialiste dans une école à mandat régional.

Les parents ne sont pas les seuls à assurer le transport de leur enfant. Des véhicules appelés « berlines » sont aussi disponibles. (Photo : Autobus Intersco)
Pour plusieurs élèves, l’accès limité aux écoles spécialisées peut entraîner des parcours scolaires plus complexes. Certains élèves doivent être éduquer dans des milieux qui ne répondent pas entièrement à leurs besoins, tandis que d’autres sont placés sur des listes d’attente prolongées. Dans ces cas, les parents, doivent souvent se tourner vers de longues démarches administratives afin d’obtenir des services pour leur enfant.
« La mère d’un ancien élève ne voulait pas que son jeune fasse une si longue route. Ils sont donc restés dans leur région où il y a une école spécialisée, mais qui est pleine. Le petit n’a pas été accepté et ça crée un enfant déscolarisé », raconte Sandrine, une éducatrice spécialisée.
L’intégration en classe : un défi de taille
Selon plusieurs intervenants du milieu scolaire, les classes régulières ne disposent pas toujours des ressources humaines et matérielles nécessaires pour bien répondre aux différents types de besoins. Par exemple, il y a un manque d’enseignants spécialisés et de techniciens en éducation spécialisée (TES), peu d’outils technologiques adaptés, espaces physiques non adaptés, accès limité à du matériel sensoriel.
De plus, les groupes sont souvent nombreux et le soutien spécialisé parfois insuffisant. « Ça déborde dans les classes régulières […] Des écoles et des classes régulières doivent intégrer des enfants différents, puis c’est à ce moment-là qu’il n’y a pas d’outils et de personnels pour les aider », affirme Alexandra. Pour les élèves, ça l’amène un sentiment d’injustice, ça réduit le temps d’enseignement et nuit à la concentration. Pour les professeurs, il y a une surcharge de travail et de stress et ça crée une pression de devoir assurer la réussite du groupe et l’inclusion de l’élève handicapé en même temps.

Ces établissements scolaires accueillent des élèves de 4 à 21 ans. Les enfants de 4 et 5 ans sont plus rares car ils n’ont pas encore leur diagnostic. (Photo : Prisme Architecture)
Le manque d’écoles spécialisées au Québec complique l’accès aux services adaptés pour les élèves ayant des difficultés et soulève des questions sur l’organisation et la répartition de l’éducation dans la province.






