Québec et Montréal: inaccessible pour les jeunes pompiers

En moyenne, 16 000 feux sont recensés au Québec chaque année. (Photo : Courtoisie)
Dans les grandes villes comme Montréal ou Québec, la demande pour le métier de pompier dépasse largement le nombre de postes disponibles. Cette situation pousse de nombreux jeunes pompiers à se questionner sur leur avenir et à s’orienter vers des municipalités où les besoins en temps partiel sont nécessaires.
« C’est extrêmement contingenté », affirme Édouard Bellavance, jeune pompier occupant un poste dans une caserne de Sept-Îles. « Je dirais que 95 % des pompiers veulent finir dans une grande ville. »
Pour ne pas se décourager, ce dernier vise toujours plus haut et tente de mettre toutes les chances de son côté. « J’ai appliqué à Vaudreuil-Dorion il y a quelques jours. Il y a un concours qui va ouvrir à Lévis ce printemps. J’essaie toujours d’améliorer mon sort », souligne-t-il.
Malheureusement, il n’est pas le seul à faire face à cette réalité. Hugo Robitaille, 20 ans, termine le programme « Techniques de sécurité incendie » au Campus Notre-Dame-De-Foy (CNDF) en mai prochain. Il est bien conscient de la difficulté d’être engagé dans une caserne de la capitale.
« Il faut que tu sois quelqu’un qui se démarque beaucoup. Il peut y avoir une personne sur 15 qui décroche un emploi après les concours. » Ces derniers servent à trier, évaluer et classer les candidats sur différentes compétences. Hugo Robitaille rappelle également que l’expérience en lien avec le métier est nécessaire. C’est pourquoi le jeune homme a décidé d’approfondir ses connaissances avec les pompiers de la Régie portneuvoise de protection incendie ( RéPPI ) depuis quelque temps déjà.
Un manque de personnel dans les petites municipalités.
Au Québec, la voie la plus courante pour devenir pompier se concrétise avec l’obtention du diplôme d’études professionnelles (DEP) en « Intervention en sécurité incendie ». Il existe également les formations « Pompier I » et « Pompier II ». Ces dernières sont primordiales pour être admis dans une caserne d’une municipalité de 25 000 à 200 000 habitants, généralement à temps partiel.

Hugo Robitaille le savait depuis longtemps qu’il était fait pour cette profession. (Photo : Courtoisie)
La principale différence entre les pompiers permanents et ceux à temps partiel est leur présence à la caserne et leurs horaires. Les pompiers à temps partiel sont souvent sur appel, tandis qu’un pompier permanent, à Montréal par exemple, travaille selon un horaire 24 heures, directement à la caserne.
Le directeur des opérations à l’École nationale des pompiers du Québec (ENPQ), Dany Drolet, souligne l’importance des pompiers à temps partiel.
« En raison de la superficie du territoire qu’on a au Québec, la taille de certains villages et la distance entre chacune des municipalités, il va toujours y avoir un besoin de pompiers à temps partiel, c’est une certitude », confirme-t-il.
De plus, une réforme sur la Loi sur la sécurité incendie est débutée depuis l’année dernière par le ministère de la Sécurité publique. Cette réforme tentera entre autres de redéfinir les rôles des acteurs du domaine incendie.

En 2021, 3511 interventions ont été comptabilisées au Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Photo : Courtoisie)
« Il a environ 630 services de sécurité incendie au Québec. Peut-être qu’il y en a trop et qu’il faudrait favoriser des regroupements. La loi, qui avait été écrite en 2000, va peut-être nous aiguiller un petit peu plus pour avoir des services qui sont de plus grande envergure. Il faut regrouper les ressources, le financement et les budgets pour avoir plus d’emplois à temps plein », explique ce dernier.
En 2022, on recensait 17 services de sécurité incendie (SSI) au Saguenay-Lac-Saint-Jean.






