« On veut savoir quel est le plan d’investissement dans la région » : le propriétaire de Domtar invité à s’expliquer

Le député de Jonquière, Mario Simard était accompagné du président syndical CSN de l’usine Kénogami, Gilles Vallancourt et le vice-président, François Gagnon étaient réunis lors d’une conférence de presse ce lundi 9 février. (Photo : Vicky Dallaire)
Le propriétaire de Domtar, Jackson Wijaya, a été invité à témoigner devant le Comité permanent des ressources naturelles à la Chambre des communes à Ottawa. Élus et travailleurs de la région attendent ses explications concernant l’avenir de l’électricité produite dans ses installations au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« Ce qu’on veut de Monsieur Wijaya c’est qu’il vienne nous exprimer en comité ses intentions avec les installations qu’il possède au Québec », indique Mario Simard, député de Jonquière. Si le propriétaire ne se présente pas de lui-même, il pourrait ensuite être convoqué par la Chambre des communes. « On a les moyens de le sommer à comparaître quand il sera au Canada », ajoute Monsieur Simard. Cependant, tant qu’il ne se rend pas directement sur le territoire national nul ne peut le forcer à parler, confirme Jean-Luc Plourde greffier à la Chambre des communes.
De nombreux emplois en jeu
Les travailleurs de l’usine de papier de Kénogami à Jonquière pourraient se trouver sans emploi après la fermeture du site de production. « En fermant Kénogami, ils vont continuer à faire du courant pareil mais les recettes générées, qui sont beaucoup plus payantes que le papier, vont servir à financer d’autres projets qui ne sont pas dans la région », explique président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami, Gilles Vaillancourt.

L’usine de papier de Kénogami fait partie des 18 installations de Domtar dans la région. (Photo : Virgile Revelle, Félix-Antoine Turgeon)
Pour rappel, les quatre sites hydroélectriques de Domtar à Saguenay ont été vendus à une société en commandite du même propriétaire. Ce mouvement de fond permettrait de changer l’actuel bail d’exploitation. Cela pourrait aboutir à la vente de l’électricité produite au plus offrant et donc à l’investissement de l’argent généré sur des sites en dehors de la région. Le site de Kénogami emploie 227 travailleurs. D’autres usines de la région pourraient être concernées comme celle à Alma. Au total, Domtar possède 18 installations au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « C’est pas vrai qu’on va se laisser fermer. On veut savoir quel est le plan d’investissement dans la région. Il ne faut surtout pas vider la région et qu’il nous reste plus rien pour vivre », s’exclame Gilles Vaillancourt.
Conflit d’intérêts
Aujourd’hui, l’ancien ministre Pierre Fitzgibbon est conseiller de Domtar. Or, l’homme politique avait participé à l’élaboration du projet de loi 69. Cette réforme a été adoptée en juin 2025 sous bâillon. Elle assouplit les contraintes d’investissement et barrages de 100 MW et moins, comme le sont ceux de Saguenay et de Saint-David-de-Falardeau. C’est cette loi qui permettrait à Domtar, après la vente de ses sites, d’envoyer l’argent en dehors de la région.
Contacté par La Pige à ce sujet, Luc Boivin a répondu par message texte : « J’ai hâte d’entendre des explications et la région aussi. Je suis toujours en attente d’une rencontre avec Domtar. » Tout le monde attend une prise de parole officielle de Domtar. Il reste à savoir quand elle aura lieu.






