Projet de loi 9 : une réalité différente en région

L’interdiction des signes religieux s’applique aussi aux parents bénévoles, même lorsqu’ils interviennent gratuitement dans l’école. (Photo : Page Facebook du Cégep de Jonquière)
Alors que la Fédération des cégeps s’inquiète des effets du projet de loi 9 sur la laïcité, la réalité pourrait être bien différente en région. Là où la diversité religieuse est moins présente, les impacts concrets de cette réforme semblent plus limités que dans les grands centres.
Selon la présidente du syndicat de l’enseignement du Saguenay, Mélanie Girard, l’impact du projet de loi 9 serait relativement limité dans les régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Ici, on n’est pas touchés de la même façon que les grands centres par l’immigration », explique-t-elle.
Elle souligne que, contrairement à Montréal, les établissements scolaires en région ne disposent pas de données suffisantes pour mesurer l’impact potentiel de la loi. « On n’a pas de chiffres probants. On n’a pas le même échantillon de population », précise-t-elle. Dans les grands centres urbains, certaines projections évoquent pourtant des pertes importantes de personnel. C’est ce que lui a raconté un collègue : « Lui, c’était une perte directe d’au-delà de 400 personnes, si on suit la loi intégralement », rapporte-t-elle.
Des inquiétudes pour l’accès à l’éducation
La Fédération des cégeps craint que certaines mesures du projet de loi restreignent l’accès aux études supérieures, notamment pour des femmes portant des signes religieux. « Toute mesure visant à renforcer la laïcité doit être appliquée avec discernement et proportionnalité », affirme, directrice générale de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit, dans un mémoire présenté le 10 février 2026, par la Fédération des cégeps.
En région, même si la présence de personnes concernées est plus limitée, la présidente du syndicat souligne que des femmes de diverses origines travaillent notamment dans les services de garde. Un secteur où la pénurie de personnel est déjà bien réelle.
Elle remet aussi en question l’idée d’appliquer des mesures générales à partir de situations isolées. « Est-ce que ce qui s’est passé à un endroit représente l’ensemble du Québec? Je ne pense pas », affirme-t-elle. Elle s’inquiète également des limites que pourrait imposer la loi à la liberté d’expression. « Jusqu’où on va avoir le droit d’aller? Elle est où, la limite? », lance-t-elle, dénonçant une forme de « microgestion ».
Un débat encore ouvert
Même si ses effets sont moins visibles en région, le projet de loi 9 soulève encore des tensions. Comme le souligne Madame Girard, l’ampleur réelle des effets du projet de loi ne pourra être mesurée qu’avec le temps : « On va voir l’impact au fur et à mesure que ça va s’installer. »






