Le Cégep de Jonquière démocratise le dépistage des ITSS

Les infirmières Nadine Tremblay (gauche) et Marie-Lou Hébert (droite) rappellent qu’un dépistage annuel est recommandé pour tout le monde (Photo : Félix-Antoine Turgeon)
Une séance de dépistage de masse des infections transmissibles sexuellement et par le sang se tenait au Cégep de Jonquière. L’objectif de cet événement intitulé « Dépiste & chill » vise à sensibiliser les jeunes à l’importance de la santé sexuelle en réponse à une augmentation des diagnostics d’ITSS dans la province.
Kiosques d’information, activités ainsi que collations étaient offertes aux étudiants mercredi matin, en plus des tests d’urine gratuits qui permettent de dépister la gonorrhée et la chlamydia. Cette journée, organisée pour une troisième année consécutive par le Cégep de Jonquière, la santé publique, l’organisme Aire ouverte ainsi que l’infirmière scolaire, connaît une popularité croissante depuis la première édition.
« La première année, on avait fait ça à l’automne et ça avait moins bien marché. L’an dernier, on a décidé de faire ça juste après la Saint-Valentin et ça avait super bien fonctionné, on avait eu plus de 70 jeunes qui étaient venus se faire dépister. Cette année, on espère rejoindre jusqu’à 80-100 étudiants », explique la travailleuse sociale responsable de la sensibilisation à la sexualité saine du Cégep de Jonquière, Véronique Gagnon.

Cet événement était aussi une occasion de faire de la prévention en lien avec la violence sexuelle pour les organismes communautaires et les travailleurs de rue. (Photo : Félix-Antoine Turgeon)
Une hausse inquiétante chez les jeunes
On apprenait récemment dans le « Portrait des ITSS » publié en janvier 2026 par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) que plusieurs ITSS étaient en hausse chez les jeunes de 15 à 24 ans au Québec. Infirmière à la Direction de santé publique du CIUSSS, Marie-Lou Hébert se dit préoccupée par cette augmentation qui se distingue des précédentes.
« Il y a une hausse toujours présente au niveau de la chlamydia, mais là on voit aussi la gonorrhée et la syphilis en augmentation, alors qu’avant c’étaient des infections qu’on avait un peu moins. On commence même à voir une résistance aux antibiotiques », exprime-t-elle.
Pour Mme Hébert et sa collègue de la clinique Aire ouverte, Nadine Tremblay, la solution se trouve justement dans ce genre d’initiatives : « Il faut faire de la prévention et de la sensibilisation. Les gens sont souvent gênés de parler de ça alors que la santé sexuelle concerne pourtant tout le monde ou presque. On doit, au contraire, être ouverts là-dessus ».
Un modèle de sensibilisation
Actuellement, le seul établissement scolaire de la région à offrir un événement de ce genre, le Cégep de Jonquière semble en inspirer d’autres. L’infirmier du Cégep de Chicoutimi était effectivement sur place afin fin d’évaluer la possibilité d’implanter une initiative similaire dans son collège.






