Les paramédicaux du Québec se sentent laissés de côté

Maxime Roy travaille à deux endroits différents pour faire le minimum d’heures demandé par le gouvernement. (Photo : Yaël Mas Bourcier)
Le personnel paramédical a du mal à voir la lumière au bout du tunnel. Les négociations avec le gouvernement piétinent depuis bientôt trois ans. Ils sont sans convention collective, ils se battent pour ne pas voir leur salaire reculer et avoir un nombre d’heures de travail qui permet une vie de famille.
Si les négociations ne bougent pas, les paramédicaux pourraient voir leur salaire de base descendre de 26 à 22 dollars de l’heure. Ce pas en arrière pourrait en décourager plus d’un de rester dans le corps de métier.
« Est-ce que vous vous imaginez perdre quatre dollars sur votre fiche de salaire par heure ? Non ? Moi non plus. Si ça devait en arriver là, ça pourrait jouer un rôle dans mon parcours de vie » explique Maxime Roy, technicien ambulancier paramédical pour Ambulance Chicoutimi.

Pour avoir accès à certains médecins spécialistes, les ambulanciers paramédicaux doivent faire des transferts jusqu’à Québec. (Photo : Yaël Mas Bourcier)
Certains employés des services ambulanciers travaillent loin de leur ville de résidence. Ils peuvent être déployés à des centaines de kilomètres de la caserne principale.
« Ambulance Chicoutimi couvre de L’Anse-Saint-Jean jusqu’à Chibougamau ! Y’a une caserne, où je me suis déjà rendu, qui est pile entre Chibougamau et Saint-Félicien » informe M. Roy, résidant de Saguenay.
De plus, dans certains gros hôpitaux, le temps d’attente peut atteindre deux heures dans les urgences. Pendant ce temps, aucun appel ne peut être pris par l’équipe sur les lieux.

Une caserne appartenant à SNL Ambulance se trouve à Chapais, à quatre heures de route de leur siège social de Chicoutimi. (Photo : Courtoisie)
Une relève dans le flou
Étant donné les conditions de travail, les jeunes ne sont pas forcément tentés de rejoindre le métier. Entre 2015 et 2025, le nombre de techniciens en soins paramédicaux n’a presque pas changé, mais la moyenne d’âge a augmenté de sept ans selon plusieurs rapports annuels d’Urgences-Santé et du gouvernement du Québec.
Un autre point assez houleux et qui fait lever le ton est l’âge de la retraite. Elle passerait de 60 à 65 ans selon la dernière offre du gouvernement.
« C’est sûr que ça choque. C’est travailler plus longtemps avec un salaire moins élevé » explique Gilles Vaillancourt, représentant syndical des techniciens ambulanciers à la CSN.
Selon un communiqué de la CSN datant du 8 janvier dernier, les ambulanciers paramédicaux du Québec ne se sentent pas écoutés par le gouvernement. Ils déplorent le manque de considération pour leur métier, pourtant essentiel.






