La cigarette : un rôle principal au cinéma

Sur chaque paquet de cigarettes figure le numéro de la ligne d’écoute et d’aider pour arrêter de fumer 1-866-JARRETE (1-866-527-7383).(Photo : Roseline Pelletier)
Casablanca, Fiction pulpeuse, Le Parrain, Club de combat : tous des grands classiques du cinéma. Qu’ont-ils en commun à part leur franc succès ? L’usage de la cigarette y est omniprésent dans plusieurs scènes. Témoin du passé, attribut séduisant, acte de rébellion… Plusieurs motifs poussent encore les cinéastes à intégrer l’emploi de la cigarette dans leurs réalisations.
« Avant la Loi réglementant les produits du tabac (1988), les marques de cigarettes canadiennes avaient le droit de donner de l’argent aux studios de cinéma en échange de la représentation de leur produit », explique le porte-parole de la Société canadienne du cancer, Rob Cunningham.

Selon Québec sans tabac, 13 000 Québécois meurent chaque année à cause de la cigarette. (Photo : Andrew Alexander)
Selon lui, c’était donc pratique courante pour les « étoiles du cinéma » de fumer en prenant soin de montrer la marque du paquet de cigarettes devant la caméra.
Motif artistique et social
Pour sa part, le président de l’Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC), Bruno Dequen fait remarquer que la cigarette et le cinéma ont toujours fait bon ménage, en particulier dans les années 20, 30 et 40.
« À l’époque des films en noir et blanc la cigarette était utilisée comme motif artistique parce que la fumée, ça rendait hyper bien à l’écran. En plus, le tabac était plus répandu que jamais, donc ça avait un effet de naturel », ajoute-t-il.
La cigarette était aussi socialement très estimée. Les femmes fumeuses dans les films étaient « glamours » et « séduisantes » s’entendent pour dire Bruno Dequen et Rob Cunningham. Les hommes fumeurs de leur côté, était « à l’aise socialement et détendus ».
Évolution
Si la cigarette était valorisée dans les films, dans les productions actuelles, les personnages fumeurs sont davantage reliés aux « maladies mentales, aux dépendances, au stress, à la dépression et aux idées suicidaires », soutient M. Dequen.
« C’était très cool de fumer quand on était James Bond en 1962, mais on n’imaginerait jamais un des membres des Avengers s’allumer une cigarette après avoir sauvé le monde en 2012 », ajoute-il.
Certains films récents ont fait parler d’eux en raison de la consommation excessive de tabac mise en scène à travers leurs personnages. C’est notamment le cas d’Oppenheimer (2023).
La journaliste Chloé Sémat a exprimé son point de vue dans le journal Le Point.
https://www.lepoint.fr/culture/oppenheimer-stranger-things-comment-les-films-et-series-nous-ont-redonne-lenvie-de-fumer-BVPA3YG5X5H23JKZCW7KRETNGA/
Une journaliste du Point soulève la présence marquée du tabagisme dans le film Oppenheimer (2023)
« Je trouve ça absurde quand les gens disent que ça fume beaucoup dans les films historiques. Oui ça fume beaucoup dans Oppenheimer, mais ça se déroule dans les années 40 et le personnage historique Robert Oppenheimer est lui-même mort de ça. Il fumait cigarette après cigarette », insiste le critique de cinéma.
Toutefois, M. Dequen dit avoir remarqué une disparition soudaine de la cigarette au début des années 2000. « Elle est revenue tranquillement au cinéma, mais cette fois-ci, avec une connotation négative ».
Rob Cunningham reconnait que les jeunes constituent le groupe d’âge le plus à risque face au tabac à l’écran.
« Les personnages qui fument sont parfois associés à la rébellion dans le cinéma. Certains adolescents qui se retrouvent dans une période troublante de leur vie, peuvent être incités à commencer à fumer comme un acte d’insoumission, en s’identifiant à un ou plusieurs de ces personnages », conclut M. Cunningham.






