Un pont entre l’art et le travail de rue

La date de lancement officiel de l’exposition sera annoncée sur les médias sociaux. (Crédit photo: Émilie Frère-Lefèvre)
Le pont de Sainte-Anne ne se contente plus de relier deux rives ; il relie désormais les citoyens à une réalité souvent invisible. Jusqu’au 4 octobre prochain, l’exposition de photographie et de témoignages Ici on se rencontre met en lumière une vocation de l’ombre : celle des travailleurs de rue.
Cette fois-ci, la Ville a décidé de valoriser ceux qui soutiennent les plus vulnérables. Pas à pas, la traversée fait découvrir les intervenants du Service de travail de rue de Chicoutimi.
L’objectif est clair pour Stéphanie Bouchard, directrice adjointe de l’organisme : démystifier une pratique abstraite pour le grand public. « Les travailleurs de rue travaillent beaucoup dans l’ombre. On voulait, pour une fois, les éclairer, eux. On veut montrer le positif », confie-t-elle avec passion.
L’exposition s’articule autour de leurs huit valeurs fondamentales, soit la défense des droits, la réduction des méfaits, les rapports égalitaires, la dignité, le non-jugement, le partenariat, l’authenticité et l’espoir. Ce ne sont pas que de simples mots, pour eux, c’est ce qui les « anime au quotidien ».
« On voulait parler avec notre cœur de ce qui nous nous anime », spécifie Stéphanie Bouchard.
La photographe et intervenante Andy Pageau a passé de nombreuses heures à accompagner chacun de ses collègues dans leurs propres interventions et en a fait un « amalgame » pour l’exposition.
Le portrait des intervenants est fait avec le choix conscient du noir et blanc. Andy Pageau cherche délibérément à « enlever tout ce qui est superflu » et se concentrer sur le « vrai ».
L’impact social est réel. Certains passants expliquent qu’ils regardent les images et prendront parfois le temps de lire les textes. L’équipe du projet souhaite justement que cette initiative ouvre la discussion avec la population.
« C’est bien de nous mettre dans la face que ça existe encore et qu’on en a besoin », lance un citoyen, soulignant que cette visibilité est nécessaire pour que ces « services difficiles » soient mieux financés par le gouvernement.
Pour les promeneurs réguliers, l’exposition transforme la marche routinière en un moment de réflexion. Une visiteuse note d’ailleurs la puissance de la métaphore. « Le service social et les gens en difficulté, il y a un pont entre les deux », dit-elle.
Bien que certains trouvent les textes parfois complexes, la beauté des citations et la simplicité des images semblent atteindre leurs buts.
Le lancement officiel, initialement prévu le 19 mai avec chapiteaux et unité mobile, a dû être reporté en raison de la météo. Toutefois, l’équipe reste impatiente de rencontrer officiellement le public.






