Formation en RCR dans les écoles : une obligation peu respectée

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En cas d’arrêt cardiaque, la pratique immédiate de la réanimation cardio-respiratoire maintient la circulation du sang pour préserver la fonction du cerveau et d’autres organes vitaux.

(Photo : Vittoria Caputo)

Même si elle est, en théorie, obligatoire depuis 2017 dans les écoles secondaires du Québec, la formation de secourisme n’est pas enseignée partout. C’est qu’elle ne fait pas partie du cursus d’un cours spécifique.

Puisque la formation en réanimation cardio-respiratoire n’est pas dans le cursus d’un cours, tel que défini par le Programme de formation de l’école québécoise, il est propre aux enseignants de l’offrir. Selon le directeur de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins, les professeurs la considèrent comme « une chose en plus à ajouter à leur tâche ». « Nous, on pense qu’à partir du moment où [la formation] va rentrer dans le cursus scolaire, là, les enseignants n’auront pas le choix [de l‘enseigner]. » Il précise toutefois que certains enseignants insistent pour offrir cette formation lors de leur cours, mais qu’il s’agit d’une approche « volontaire ». Ce sont donc, en moyenne chaque année, 60 000 à 68 000 jeunes qui reçoivent une formation de RCR, selon les données fournies par le directeur de la Société de sauvetage du Québec.

Pourtant obligatoire

« La ministre a prescrit une activité obligatoire de formation en RCR pour tous les élèves de troisième année du secondaire », est-il inscrit dans le document d’instruction annuelle de la ministre de l’Éducation 2026-2027. Elle est d’ailleurs obligatoire depuis plusieurs années. La formation peut « comprendre d’autres apprentissages, par exemple l’utilisation d’un défibrillateur externe automatisé, si tel est le choix de l’école ».

Le défibrillateur externe automatisé (DEA) délivre une décharge au cœur pour l’aider à recommencer à battre. Certaines formations enseignent son utilisation. (Photo : Vittoria Caputo)

La Société de sauvetage du Québec offre des formations aux élèves de troisième année du secondaire, comme la formation de réanimation cardio-respiratoire en 30 minutes, qui enseigne les rudiments du RCR. Elle offre également le cours « Cardio-secours », une formation d’environ trois heures, intégrée dans le cours d’éducation physique. Les élèves y apprennent comment « être en mesure de maintenir une personne en vie artificiellement en attendant l’arrivée des secours », explique le directeur de la société, Raynald Hawkins.

Afin d’aider l’instauration de cette formation, une mesure budgétaire de soutien au déploiement des contenus obligatoires existe depuis l’année scolaire 2017-2018.

« Elle permet aux écoles d’engager un organisme de formation en secourisme RCR afin qu’il offre la formation aux élèves », peut-on lire dans les règles budgétaires pour l’année scolaire 2017-2018. L’école peut également choisir de former une personne volontaire qui formera l’ensemble des élèves.

La Pige a contacté le Centre de services scolaire De La Jonquière ainsi que celui des Rives-du-Saguenay, mais n’a pas reçu de retour de leur part.

Joly-Ann Landry est intervenue dans deux cas de situation d’urgence depuis le début de sa formation. (Photo : Vittoria Caputo)

Certains jeunes, n’ayant pas reçu de formation à l’école, s’inscrivent à des cours de secourisme. C’est le cas de Joly-Ann Landry, étudiante au Cégep de Jonquière. Depuis cet hiver, elle suit une formation en secourisme avec Premiers Secours Saguenay. « C’est une formation assez complète parce qu’on voit [des procédures] que des ambulanciers voient », affirme-t-elle. Elle peut maintenant intervenir en cas d’urgence, comme en cas de noyade, tout en restant sécuritaire.

Les formations offertes en milieu scolaire n’enseignent pas comment intervenir en cas de noyade. Ceux qui souhaitent obtenir une formation de ce genre peuvent se diriger vers la Société de sauvetage du Québec ou d’autres organismes.

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