L’inquiétante banalisation de la cocaïne chez les jeunes

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La cocaÏne est souvent utilisée comme un psychostimulant chez les jeunes (mise en scène). Crédit photo: Lia Chayer

Les jeunes d’aujourd’hui semblent de moins en moins cacher leur consommation de cocaïne. Ce phénomène crée une impression de hausse de consommation de cette substance chez les 18-24 ans.   

 La plus récente enquête canadienne sur la consommation de substances (ECAD), parue en 2025, indiquait que chez les jeunes de 15 ans et plus, la consommation de cette drogue n’a pratiquement pas augmenté, les chiffres s’étant stabilisés à 3%.  Le problème est plutôt que les jeunes sont plus à l’aise de parler de leur prise de cocaïne. « Plus jeune, j’écoutais mes rappeurs préférés qui parlaient de cette drogue, qui la consommaient dans leurs vidéos […] on dirait que la cocaïne devient normalisée, presque romantisée », explique Laurence*, une jeune femme de 24 ans.  

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*Données recueillies dans l’Enquête canadienne sur la consommation de substances (ECAD) de 2025.

 

Un problème qui devient une norme 

Cette ancienne consommatrice souligne plusieurs facteurs qui peuvent expliquer pourquoi la prise de cette drogue est banalisée au sein des jeunes. « […] La cocaïne, ça garde éveillé. Tu peux être super productif. Certaines soirées où je consommais, je faisais tout le ménage, jusqu’à en laver les moulures », se rappelle-t-elle. 

« Quand on prend de la cocaïne, on n’a pas besoin de manger, ça coupe la faim, explique Laurence. J’entends beaucoup ça dans les réunions de Narcotiques Anonymes, les gens perdent du poids, font ça pour leur image corporelle. » Selon elle, plusieurs enjeux liés à cette drogue sont également liés au cercle social dans lequel le consommateur se trouve. 

« Lorsque tout le monde autour de toi consomme et que tu t’en fais offrir, c’est facile à prendre et ça devient banal », explique Sam*, un jeune consommateur occasionnel.  

« Je pense qu’il y a autant de motivations à en prendre que de personnes qui en consomment », résume le professeur à l’École du travail social à l’Université du Québec à Montréal, Jorge Flores-Aranda. Selon lui, la prise de cocaïne peut facilement s’identifier à l’hyperproductivité mise de l’avant dans notre culture sociale. « Ça peut être pour performer à l’école, pour performer en sexualité, pour se sentir plus sûr de soi », explique-t-il. 

Jorge Flores-Aranda

Le professeur à l’École du travail social à l’Université du Québec à Montréal, Jorge Flores-Aranda. Crédit photo: Jorge Flores-Aranda 

Des effets ravageurs 

Même si cette drogue semble attirante, elle a des effets néfastes sur la santé, physique et mentale. « Ça peut engendrer des problèmes respiratoires [si la substance est inhalée] ou des infections (si elle est injectée). Pour la santé mentale, ça crée des troubles de dépendances, des effets anxiogènes ou dépressifs », explique M. Flores-Aranda.  

Le gouvernement du Québec indique d’autres effets négatifs tels que des comportements violents, de la paranoïa, des hallucinations et des décès.  

Une prévention positive à prioriser  

Pour M. Flores-Aranda, cette banalisation peut être expliquée par le biais d’autres substances nocives, mais déjà légales, comme l’alcool. Selon lui, la normalisation de certaines drogues pourrait amener les jeunes à se sentir plus à l’aise de parler d’autres stupéfiants.  

Il explique toutefois que le manque d’informations et de prévention demeure un enjeu important. « Souvent, la prévention faite dans les écoles est très axée sur la peur. » Selon lui, l’aborder de manière plus ouverte avec les jeunes serait davantage bénéfique.  

 

 

*Noms fictifs donnés aux intervenants afin de protéger leur identité.  

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