La Chambrée interpelle les partis

« Ce qu’on demande, c’est qu’on puisse aider toutes les femmes qui ont besoin au moment où elles en ont besoin. » – Fanny Guérin, responsable des communications au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. (Photo : André Query/ Courtoisie Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Des candidats de Jonquière à l’élection du 5 octobre répondent à l’appel de la maison d’hébergement pour femmes La Chambrée. L’organisme souhaitait connaître les engagements des différents partis pour l’aider dans sa lutte contre la violence conjugale.
Dans sa publication sur Facebook, La Chambrée demande que les maisons d’accueil soient financées à la hauteur ses besoins. De meilleures conditions de travail et davantage d’intervenantes sont nécessaires pour assurer des services d’hébergement, de ligne téléphonique et d’accompagnement 24/7.
Engagements
Le candidat sortant, Yannick Gagnon, a répondu sous la publication que la Coalition Avenir Québec comptait « ajouter l’équivalent d’une ressource d’intervention dans chacune des 164 maisons d’aide et d’hébergement du Québec et soutenir la création de huit nouvelles maisons d’hébergement de première étape ». Son parti s’engage à investir 53,4 M pour répondre aux besoins du milieu.
La CAQ veut aussi poursuivre le travail déjà entrepris, notamment avec le déploiement du tribunal spécialisé en matière de violences sexuelles et de violence conjugale. « Ce n’est pas parfait, mais je pense que notre plateforme et le maintien de nos réalisations contiennent beaucoup d’éléments intéressants dont celui d’agir en amont pour éviter les problématiques de récidives à la source », a-t-il conclu.
« Je reconnais que c’est un organisme essentiel pour Jonquière et que les besoins grandissants ne sont pas comblés », a commenté Jimmy Bouchard du Parti québécois. Il a mis de l’avant la promesse d’investir 87 millions de dollars sur 4 ans dans les maisons d’hébergement de l’ensemble du Québec.
Québec Solidaire s’est engagé à investir 600 millions de dollars pour créer 1000 places en maisons d’hébergement. Son représentant dans Jonquière, Serge Bergeron, ajoute que son parti veut rendre encore plus accessibles les antécédents judiciaires des conjoints violents et instaurer dix jours d’absence rénumérés pour quitter une situation de violence conjugale. Québec solidaire créera aussi le ministère Femmes et Égalité des genres.
« En tant que retraité, ancien médecin, directeur médical et professeur
d’Université, je crois beaucoup à la complicité avec les organismes
communautaires qui m’aidaient beaucoup dans ma pratique », souligne le M. Bergeron.
Le candidat du Parti conservateur du Québec, Yannick Pelletier, a redirigé La Pige vers le service des communications de son parti. La représentante du Parti libéral du Québec dans Jonquière, Wilda Solon, n’avait pas encore donné de réponse au moment d’écrire ces lignes.
Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a organisé une marche contre les féminicides le 19 septembre dernier pour que ce soit à l’agenda des partis. (Photo : André Query/Courtoisie Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale)
Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a interpellé les partis dans la foulée du meurtre de Monique Poirier-Thibault, le 15e féminicide au Québec depuis le début de l’année. Il demande 57 M pour rehausser le financement des maisons existantes. D’autres sommes seraient nécessaires pour augmenter la capacité des maisons et en construire de nouvelles.
Enjeux
« Aujourd’hui, on est à une demande d’hébergement sur deux qui est refusée, faute de place. Donc, malgré tous les investissements du gouvernement de la CAQ dans les dernières années, on est encore dans une situation assez grave », signale la responsable des communications du regroupement, Fanny Guérin. « Les listes d’attente, c’est un phénomène nouveau et on parle de huit semaines d’attente en moyenne », ajoute-t-elle.
En plus des besoins financiers, le regroupement note deux autres enjeux. « On voudrait que les partis puissent atténuer tous les obstacles qui nuisent à la sortie de la violence des victimes. Donc on parle de du coût de la vie, de la crise du logement, d’améliorer l’accès à l’aide juridique, de former tous les acteurs », explique Fanny Guérin. Elle mentionne aussi qu’il faut s’attaquer au discours antiféministe en misant sur la prévention dans les écoles.
Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale déplore qu’aucun débat des chefs n’ait abordé le sujet. Des candidats de tous les partis, sauf le Parti conservateur du Québec étaient présents à la marche contre le féminicide. Parmi les chefs, seule la co porte-parole de Québec solidaire était sur place. « Ça nous dit que c’est important, mais pas assez pour faire gagner des votes aux chefs de parti malheureusement », affirme la responsable des communications.






