Des vignes hybrides pour résister au froid

272
0
Share:
Mario Savard prépare les vignes à l'hiver

Le propriétaire de la Bonté DiVigne à Roberval, Mario Savard, prépare les vignes à l’hiver. Photo : Gabriel Barrette

Même séparés par seulement 24km, deux vignobles du Saguenay–Lac-Saint-Jean doivent utiliser des vignes différentes. Les coupables? Des microclimats.

Le territoire du Lac-Saint-Jean est séparé en plusieurs zones de rusticité. Selon le président fondateur du Vignoble Chambordais St-Vincent, Martin Rioux, « si on regarde les zones de rusticité, officiellement, le coin de Roberval, ils sont zonés 3 B. Mais ici, sur la pointe de Chambord, on est zoné 4 ». En raison de cette différence de zonage, les techniques d’hivernation des cépages et le type de cépage utilisé sont différents. La distance entre les vignobles Chambordais St-Vincent et la Bonté Divigne n’est pourtant que de 24 km de distance.

Pour cette raison, les vignobles du Saguenay–Lac-Saint-Jean n’utilisent pas tous les mêmes techniques de réchauffement. Le vignoble la Bonté DiVigne possède dans ses serres du pinot noir, une variété européenne. Le pinot noir ne résiste pas au froid du Québec. Pour les réchauffer, les propriétaires des vignobles ajoutent des globes pour créer de la chaleur en plus d’une couverture pour les protéger du vent. D’autres vignobles vont isoler leurs vignes avec des couvertures et des toiles en premier lieu. Ensuite, après les premières neiges de l’hiver, les viticulteurs vont déplacer la neige sur les vignes pour les enterrer. Cette méthode est aussi utilisée dans l’apiculture pour protéger les abeilles.

Provenance du Minnesota

C’est l’Université du Minnesota qui crée de nouveaux cépages hybrides pour développer la viticulture dans les régions nordiques. Les vignobles de la région choisissent des cépages hybrides avec la capacité rustique de leur terrain pour produire du vin local.

Les cépages hybrides proviennent d’un croisement entre deux espèces de vignes différentes. Ils sont développés par le College of Food, Agricultural and Natural Resources Sciences (CFANS) de l’Université du Minnesota. À chaque mutation, les plants sont testés et mis à l’épreuve pour identifier leur rusticité (capacité à résister au froid) ainsi que leur productivité affirme le site de l’Université du Minnesota.

Le réchauffement de la plante 

Certains viticulteurs travaillent en partie avec le cépage Acadi blanc. « L’Acadi blanc peut survivre jusqu’à -25 degrés et, s’il est bien protégé, il peut résister à –30 degrés », explique le président fondateur du Vignoble Chambordais St-Vincent, Martin Rioux.

Pour conserver l’énergie accumulée, les vignes entreposent les nutriments à l’intérieur de leurs tiges. Pour diminuer la consommation des nutriments, des viticulteurs, comme le propriétaire de la Bonté DiVigne, Mario Savard, coupe les têtes de ses plants pour qu’ils concentrent leur énergie. De plus, la coupe des têtes diminue le risque que les vignes meurent de froid. Il explique qu’avant de consommer l’énergie dans la tige, les cépages prennent les nutriments restant dans le sol avant le gel.

méthode de réchauffement

La Bonté DiVigne est l’un des seuls à utiliser des globes pour réchauffer les vignes dans la région. Photo : Gabriel Barrette

 

Les bourgeons

Les températures du printemps peuvent être imprévisibles dans la région. À cette période de l’année, les bourgeons commencent à éclore. Pour se protéger du froid, les bourgeons créent un duvet blanc et cotonneux. Le coton permet à la plante de subsister à -8 degrés. Il est important de protéger le bourgeon lors de son éclosion, explique le propriétaire de la Bonté DiVigne, Mario Savard, car à l’intérieur du bourgeon, il existe trois stages. Le premier et le deuxième sont des bourgeons fertiles qui permettent à la vigne de produire des raisins. Le troisième stage est peu fertile. Souvent, lorsque le troisième stage du bourgeon est atteint, la plante tombe en protection. Elle va économiser son énergie pour l’an prochain et va produire très peu de raisins.

Share: