Prix des loyers : les étudiants durement touchés

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Le prix des logements étudiants a particulièrement augmenté au cours des dernières années. Photo : Martin Patry

 

La hausse des prix des logements étudiants, soit 18% depuis les quatre dernières années, oblige certains d’entre eux à faire des sacrifices, parfois aux dépens de leurs études. À titre comparatif, le marché locatif québécois n’a augmenté que de 11,5 % sur la même période.

Ces chiffres, révélés par l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), interpellent : pourquoi les étudiants sont particulièrement touchés par cette hausse des loyers ? « C’est une question d’offre et de demande, explique le professeur en Techniques administratives au Cégep de Jonquière, Christian Hudon. « Si le nombre d’étudiants augmente, la demande augmente aussi. Les locateurs peuvent donc se permettre de louer plus cher. »

Selon l’enseignant, l’emplacement des logements étudiants peut également justifier cette hausse du prix des loyers. « Les élèves choisissent généralement d’habiter à proximité des écoles, en centre-ville, car ils n’ont pas nécessairement de voiture. Naturellement, les prix sont plus élevés ici. »

 

Selon Christian Hudon, cette augmentation du prix des loyers impacte la gestion financière des étudiants. Photo : Martin Patry

 

« Des sacrifices financiers »

Cette augmentation peut avoir un réel impact sur la gestion financière des étudiants. « En général, le loyer représente 35 % de nos revenus. En augmentant son prix, on peut alors dépasser ces 35 %. Certains étudiants doivent donc faire des choix et des sacrifices financiers. Dans ce cas, ils laissent leurs loisirs de côté, confie Christian Hudon. La hausse des loyers peut aussi pousser des élèves à travailler intensément à leur emploi, parfois même aux dépens de leur scolarité. » Le professeur ajoute finalement que cet impact est moins grand pour les étudiants vivant en colocation.

Pour Jade Lauden, étudiante au Cégep de Jonquière, travailler est essentiel si elle veut pouvoir payer son loyer. « Je travaille en moyenne 15 heures par semaine. Lorsque c’est le matin, je révise mes cours de l’après-midi pendant mon horaire car sinon je n’ai pas le temps. » L’étudiante en deuxième année confie également devoir parfois sacrifier sa vie sociale. « C’est difficile de combiner l’école, la job et les sorties entre amis, mais il faut s’organiser ! Quand j’ai eu une semaine chargée, c’est fatiguant de devoir travailler, mais je n’ai pas le choix. Personnellement, j’ai de la chance car mes gérants me laissent choisir mes horaires de travail, ce qui n’est pas le cas pour tous les étudiants. »

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