Pénurie d’arbitres : le football durement touché au Saguenay–Lac-Saint-Jean

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Il n’y a aucun arbitre de football actif au Saguenay–Lac-Saint-Jean. (Photo : Arthur Bakhache)

Le football est le sport le plus touché par la pénurie d’arbitres au Saguenay–Lac-Saint-Jean alors qu’il n’y en a présentement aucun actif dans la région. Les officiels doivent venir de Québec chaque semaine pour permettre aux matchs d’avoir lieu.

Selon la responsable et coordonnatrice du RSEQ Saguenay-Lac-Saint-Jean, Stéphanie Tremblay, ce sont les jeunes qui sont les grands perdants dans cette situation. « Une saison de football, c’est très court. Vu que les jeunes ont seulement le droit à un match par semaine, reprendre un match devient très difficile. Donc, dans une saison de seulement six matchs, l’annulation de l’un d’entre eux, c’est catastrophique pour les joueurs. »

Malgré cela, la qualité de l’arbitrage reste bonne, selon le responsable du programme de football au Pavillon Wilbrod-Dufour, Patrice Boudreault. D’après lui, les organisations comme Football Québec et le RSEQ ne font pas assez d’efforts pour recruter de nouveaux arbitres. « Ils devraient donner des avantages aux arbitres. Rendre ça intéressant au niveau du salaire. Payer les formations ainsi que leurs costumes. […] D’après moi, Football Québec met plus d’énergie dans la création d’une Équipe Québec pour financer leur organisation que dans le recrutement d’arbitres », explique-t-il, un brin découragé.

Steeve Tremblay, arbitre de football dans la région pendant 15 ans, est du même avis. Selon lui, la tâche de s’occuper des arbitres est trop lourde pour une seule personne. Du même coup, plus personne ne s’occupe de faire venir les formateurs dans la région pour permettre aux jeunes d’apprendre la profession.

Les arbitres doivent faire le voyage depuis Québec chaque fin de semaine pour que les matchs aient lieu. (Photo : Arthur Bakhache)

Une amélioration remarquée ailleurs

La situation s’est toutefois améliorée dans d’autres disciplines au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le volleyball est passé de six arbitres actifs en 2023 à 65 aujourd’hui.

Le RSEQ tente aussi de garder ses jeunes arbitres en donnant un montant à leur école respective pour les accompagner. « C’est bien beau de les former, mais si nous les laissons sans supervision, c’est à ce moment-là qu’on va les perdre », poursuit Stéphanie Tremblay.

Un problème de salaire

La situation salariale des arbitres est nécessairement au cœur de cette pénurie. Les opinions à ce sujet sont toutefois divisées. Pour Charles-Olivier Fortin, arbitre âgé de 19 ans de basketball dans la région depuis plus de trois ans, le salaire est plus ou moins un enjeu. « Du moment que tu es un peu disponible, par exemple, tu arbitres une cinquantaine de matchs dans l’année, tu peux quand même gagner quelques milliers de dollars. »

Pour le responsable des arbitres de basketball du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Pierre Gagné, le fait que les commerces offrent une paie hebdomadaire est très attirant pour les jeunes. « Au niveau de l’arbitrage, nous avons amélioré ça. Avant, on donnait deux paies par année, mais l’année passée, on a séparé ça en six. Quand même, c’est sûr que c’est difficile de les attirer avec ça. Moi, je me dis qu’un jeune qui est là, c’est un jeune qui adore le basket. »

Des partisans qui posent problème

Les parents qui sont engagés dans le match de manière extrême vont souvent poser des problèmes aux jeunes arbitres. « J’ai déjà vu des parents qui se choquaient après des arbitres en manque d’expérience pour des affaires un peu insignifiantes parce que les parents ne comprennent pas trop les règles », explique Charles-Olivier Fortin.

La solution évidente serait de recruter plus d’arbitres d’expériences, mais les cinq intervenants interrogés lors de la rédaction de cet article ont mentionné que la tranche d’âge des 25-40 ans est la plus absente des cellules d’arbitrage. « Le problème pour cette tranche d’âge-là, c’est la famille. Parfois on va réussir à les récupérer quand leurs enfants sont rendus plus vieux, mais ça n’arrive pas souvent », mentionne Pierre Gagné.

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