Golf : les surintendants inquiets pour leur avenir

Les golfeurs veulent toujours jouer dans les meilleures conditions possibles. (Photo : Maxime Sauvageau)
Méconnaissance du métier, charge de travail abondante et horaires imprévisibles : voilà autant de raisons pour expliquer le manque de relève en surintendance vécu par plusieurs clubs de golf depuis quelques années.
Cette situation est préoccupante car les surintendants jouent un rôle capital pour permettre aux différents terrains de golf de se démarquer de la compétition. Ils détiennent des rôles polyvalents au sein de leur club.
« On touche à tout », exprime le surintendant au Club de golf du Lac Saint-Joseph, Claude Frenette. « Il faut que l’on prépare un budget, donc il y a une part de comptabilité. Il faut également faire de la gestion d’employés, des ressources humaines et de la mécanique. On doit être à l’affut des nouvelles technologies en fertilisants, pesticides, etc. C’est beaucoup plus complexe que quand j’ai commencé il y a 40 ans », souligne le récipiendaire du trophée Roger Baccichet en 2020, décerné au meilleur surintendant du Québec.

La rigueur du travail est primordiale dans ce domaine. (Photo : Maxime Sauvageau)
Il craint que les clubs de golf modifient leur organisation, compte tenu de la rareté des surintendants.
« Les clubs vont engager un agronome et cette personne-là va venir donner des directions à la personne la plus qualifiée sur le terrain. Ça coûte très cher pour ces clubs-là et en réalité, ils n’ont même pas un employé à ce prix-là. On voit que nous allons dans cette direction-là », affirme-t-il.

Le surintendant au Club de golf de Chicoutimi, Charles Ouellet, ne compte pas ses heures. (Photo : Maxime Sauvageau)
Pour contrer cette situation, l’Association des surintendants de golf au Québec tente de promouvoir le métier par le biais de tournois, de formations et de congrès. L’agronome de métier Charles Ouellet en fait lui-même partie.
« L’association organise des journées de formation, tente de pousser et de trouver des gens intéressés à ce métier. » Il insiste également sur les côtés positifs de son travail. « C’est un super bel emploi. Tu es dans la nature. Tu peux te promener un matin et croiser deux chevreuils sur le terrain. Il y a des endroits pires que ça pour travailler », confie-t-il en riant.
Une formation en déclin
Le manque de connaissances est un enjeu de plus en plus courant dans ce milieu. Avant 2013, les jeunes qui souhaitaient pratiquer cette profession avaient l’option d’aller étudier à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ). Cette formation comptabilisait 40 heures de cours par semaine, où les étudiants apprenaient les bases en profondeur du métier.
Cependant, en raison du nombre insuffisant d’inscriptions, l’institut a pris la décision de revoir le programme en 2020, en optant pour un modèle réduit. Les enseignants du cours avaient comme mission de diminuer la durée et le coût du cours. Selon le professeur à l’ITAQ, Yann Joly, la formation actuelle est une initiation à plusieurs volets de cet emploi.
« Cette partie de la formation a été reprise par l’Association des surintendants de golf du Québec et au lieu d’être trois mois de cours pendant deux ans, maintenant, c’est deux semaines la première année et deux semaines l’année suivante », explique Yann Joly. « Ce n’est même plus une attestation d’études collégiales, c’est juste une formation privée donnée par l’ASGQ. À la fin, elle remet une attestation de participation. La valeur est moins là. »
Ce programme demeure néanmoins le seul qui se donne en français. Les autres formations sont principalement enseignées dans différentes universités américaines.
Il est important de préciser que cette formation n’est pas obligatoire pour pratiquer ce métier.






