Être DJ : la popularité avant la passion

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Jasmin Baillargeon mixe des sons de rap et, entre autres, de R&B. (Photo : Thomas Thibodeau)

Autrefois réservé aux discothèques, le métier de Disque Jockey (DJ) s’est largement étendu : cafés, mariages ou soirées étudiantes. Sur les réseaux sociaux, il s’affiche comme un symbole de popularité, incitant certains mixeurs à devenir célèbres plutôt qu’à vivre de leur passion. 

« C’est un sentiment plaisant de faire danser les gens, mais ça peut vite te monter à la tête », confie Jasmin Baillargeon, étudiant en Musique et Arts à l’Université de Montréal. À ses heures perdues, le jeune homme, surnommé Jazzman, sort ses platines. Il mixe à des événements familiaux ou dans des bars depuis un an et demi. 

Cette pratique se surnomme le DJing. Elle se définit comme les techniques utilisées par le DJ pour produire des sons. Ce métier a pris de l’ampleur à partir des années 1980 et il s’est largement développé ces deux dernières années. Seulement, le nombre de DJ reste difficile à estimer, autant dans la région que dans le pays. 

Plusieurs agences, dont Productions Master D ou Productions Hugues Pomerleau, assurent la promotion de ces derniers. Selon leur reconnaissance, ils proposent des prestations entre 300 $ et 5 000 $ pour une soirée. 

En revanche, à l’international, des artistes comme David Guetta ou DJ Snake se produisent pour des sommes bien plus importantes. Ils sont devenus des références musicales. Alors, leur quotidien fait rêver certains amateurs, qui tentent aussi de briller sur scène.  

Des DJ en quête de reconnaissance 

Les mixeurs ont une place importante dans les événements : ils assurent l’ambiance et influencent l’humeur des invités. « On est le personnage principal de la soirée. On peut se sentir comme le roi », raconte Jasmin Baillargeon. Une sensation qui a tendance à flatter les mixeurs. 

Pour Teodor Simion, jeune DJ montréalais, de son nom de scène TÉO2K, ce constat est clair : « Des gens commencent à exercer ce métier, car ils ont le potentiel d’avoir de l’attention rapidement ». 

La rythmique et la coordination sont essentielles pour « être un bon DJ », selon Jazzman. (Photo : Mélyssa St-Aubin) 

Avec l’expérience, TÉO2K réussit à distinguer les DJ passionnés et talentueux de ceux qui cherchent à se faire remarquer. Selon ce dernier, la qualité des transitions, la maîtrise des platines et l’attitude sur scène trahissent souvent le manque de professionnalisme.  

Des artistes, comme Rivo sur TikTok, avec plus de 738 000 abonnés, misent aussi sur l’esthétique pour faire le buzz : décor soigné ou mise en scène avec des femmes en arrière-plan. Jasmin Baillargeon admet : « On préfère les artistes beaux que bons. On priorise les personnes moins compétentes, mais visibles, plutôt que celles qui font un travail qualitatif ». 

Pour lui, le DJing est devenu un art superficiel, où il est facile d’obtenir de la notoriété sans réelle expérience. 

Une pratique démocratisée 

« Aujourd’hui, beaucoup de particuliers exercent ce métier. Alors, beaucoup pensent pouvoir le faire, et honnêtement, ils n’ont pas tort », reconnaît TÉO2K. Une table de mixage et un ordinateur permettent déjà de produire un spectacle. 

Mais cette démocratisation n’est pas sans conséquences. « Comme il y a de plus en plus de DJ sur le marché du travail, on dirait que la valeur du métier est un peu descendue », regrette le jeune homme.  

Pour autant, ce dernier souhaite poursuivre dans cette voie. Il a déjà performé dans des bars populaires dans la plus grande ville du Québec et même dans des festivals, comme Igloofest.  

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