Le côté caché des tendances sur les réseaux sociaux

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Selon Statista, l’application Tiktok avait 1,59 milliard d’utilisateurs actifs en février 2025. (Photo : Lyra Larouche)

Mutilation, troubles alimentaires, restrictions, contrôle alimentaire et entraînement… Les tendances se multiplient sur les réseaux sociaux et se répercutent sur la santé des jeunes.

C’est ce que dénonce la psychologue à la clinique externe en pédopsychiatrie à Chicoutimi, Marie-Claude Fortin.

Une étude réalisée en 2023 par Amnestie international en partenariat avec l’Algorithmic Transparency Institute et AI Forensics vient appuyer son propos. Elle traite des dangers du système de recommandation de l’application Tiktok en lien avec son amplification de vidéos sur la santé mentale. Ils ont pu remarquer que certaines vidéos idéalisaient ou même encourageaient le suicide.

Selon la professeure en travail social à l’UQAC, Sandra Juneau, une trend sur les réseaux sociaux est « un mouvement collectif qui part souvent des influenceurs ou même du marketing, puis qui est relayé sur les réseaux sociaux ».

Par exemple, la tendance « skinnytok » sur Tiktok incite les jeunes femmes à se restreindre avec certaines phrases de motivation comme « rien ne goûte aussi bon que d’être maigre ». L’application a d’ailleurs récemment banni le terme « skinnytok » de sa plateforme.

Marie-Claude Fortin est psychologue depuis 18 ans. (Photo : Lyra Larouche)

Marie-Claude Fortin blâme l’intensité. Avec l’algorithme, les réseaux sociaux des jeunes deviennent saturés de ces tendances. « Ça crée comme un effet tunnel où il n’y a que ça. »

Elle explique que les adolescents fragiles sont ceux qui sont le plus susceptibles d’être atteint par ces trends. « Les plus vulnérables, ce sont ceux qui n’ont pas de liens sociaux, qui cherchent des sensations fortes, puis qui ont une espèce de flou identitaire », précise-t-elle.

D’autres tendances, comme celles de la mode, sont moins tendancieuses, mais peuvent également avoir des impacts sur les plus jeunes. La psychologue évoque que les jeunes de 12 à 14 ans sont plus vulnérables de tomber dans « un plaquage identitaire ». Elle définit ce phénomène comme le fait « de se prendre les pieds dans une identité qui n’est pas la sienne ».

Le risque dans le développement d’« une identité plaquée » est de « s’enligner dans des intérêts qui ne sont pas ajustés à qui ils sont réellement, et ce qu’ils font réellement du bien, pour leur mieux-être ».

Sandra Juneau explique, pour sa part, que la maturité du cerveau n’est pas tout à fait atteinte avant 20-21 ans. « Donc, en ce qui concerne la question de la prise de décisions, la planification, l’évaluation des conséquences, ils n’ont pas cette maturité-là. »

« La prohibition ou l’interdiction, ça ne fonctionne pas. »

La professeure en travail social est d’avis que la meilleure solution est de discuter avec les adolescents. « S’intéresser aux jeunes, savoir pourquoi ils regardent ça, c’est beaucoup plus important que d’essayer de détruire ou de dire que ce n’est pas vrai ou que c’est dangereux. »

Elle croit que la sensibilisation est plus efficace que de diaboliser totalement le phénomène de suivre les tendances.

Quant à elle, Marie-Claude Fortin rappelle que les jeunes qui sont bien entourés et qui ont des passe-temps où ils se sentent compétents et reconnus ont moins tendance à tomber dans la surexposition des trends.

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