Une industrie dictée par les réseaux sociaux

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Jérémie Spratt publie plusieurs vidéos quotidiennement sur ses différents comptes de réseaux sociaux (Photo : Instagram @coachje.knvl)

L’industrie des suppléments alimentaires est très présente sur les réseaux sociaux. Les mots-clics suppléments, créatine et poudre de protéine, sont présents sur plus de 15 millions de publications Instagram et TikTok. Les utilisateurs sont exposés à une foule d’opinions différentes et de contenu promotionnel qui les influence.

La pression des algorithmes et l’influence des créateurs

« Tous ce qu’on m’avait dit sur les réseaux sociaux, c’est que je devais faire réagir pour aller chercher des vues », raconte le kinésiologue et co-propriétaire de l’entreprise Kinvolve Fitness, Jérémie Spratt. « J’ai essayé de faire des vidéos plus courtes et plus accrocheuses. Elles avaient du succès, mais je n’aimais pas la réponse des gens envers mon contenu. Je comprends que c’est parce qu’elle manquait de nuance », a-t-il ajouté.

Les algorithmes favorisent davantage le contenu accrocheur et rapide. Les créateurs qui suivent la tendance doivent le faire avec des messages simples, visuels, peu nuancés. « La majorité des suppléments sont présentés sans contexte. Les créateurs observent les indications de l’étiquette mise sur le produit et les remâchent pour le montrer à leurs abonnés. Ils ne précisent pas la pertinence du produit selon les différents besoins des gens », explique Jérémie Spratt.

Son contenu est souvent axé sur les méthodes d’entraînement et la perte de poids (Photo : Instagram @ coachje.knvl)

Les commerçant et les marques jouent eux aussi un rôle important au niveau de la présence des suppléments sur les réseaux sociaux. Ils publient du contenu promotionnel sur leur page, mais ils organisent aussi des collaborations avec les influenceurs de renommée.

« Il faut prendre en considération que la majorité des influenceurs ‘’fitness’’ ont des collaborations avec une compagnie de suppléments. Ils essayent tous de vendre des produits à leur auditoire. Cependant, il arrive souvent que ces créateurs vont promouvoir ces suppléments comme des éléments essentiels sans connaître l’efficacité et la pertinence de ceux-ci », illustre le kinésiologue.

Les fausses réflexions liées aux suppléments

Selon Jérémie Spratt, plusieurs utilisateurs accordent moins d’attention aux risques lorsqu’un produit est présenté par leurs créateurs préférés. « S’ils voient un influenceur qu’ils apprécient, faire la promotion d’un produit, ils vont leur faire confiance de façon absolue. Ça élimine les doutes qu’on pourrait se faire. »

L’homme fort professionnel, Mike Saunders, a lui aussi observé cette tendance chez les influenceurs. « Ce sont des conseils qui ne proviennent pas d’un point de vue neutre. Ces influenceurs sont souvent rattachés au produit et leur objectif principal reste de vendre leur inventaire plus que d’aider les gens. Malheureusement, c’est le monde dans lequel on vit. »

Mike Saunders a remporté une compétition provinciale d’homme fort en 2012 (Photo : Facebook Mike Saunders)

Les hommes forts et les culturistes ont une relation particulière avec leur alimentation et les suppléments qui ne s’applique pas à tout le monde.

Les hommes forts et les culturistes ont une relation particulière avec leur alimentation et les suppléments qui ne s’applique pas à tout le monde. C’est le cas de Mike Saunders. « Je prenais de la protéine, de la créatine, des vitamines, des acides aminés (BCAA), bref tout ce qui se trouvait en pot. Étrangement, je ne voyais pas de résultat, et même que mes résultats déclinaient. En 2011, j’ai arrêté de prendre des produits et j’ai gagné de la puissance. L’année d’après j’ai remporté le championnat d’homme fort provincial […] Ce n’est pas pour parler en mal sur les produits, ils ont leurs utilités, mais c’est important d’évaluer sa consommation de façon personnelle », a-t-il ajouté.

Contrer le mouvement

Le kinésiologue Jérémie Spratt, a observé que le contenu lié à l’entrainement soit, les conseils d’exercice, les trucs de perte de poids et autres, semble se diriger sur une moins bonne lancée. « Le mouvement Alpha prend beaucoup de place et ceux qui y contribuent, mettent l’accent sur des réflexions plus extrémistes pour obtenir des résultats comme le principe de « no pain, no gain ». Ça forge une vision différente du ‘’fitness’’ que moi j’essaye d’apporter » explique Jérémie Spratt. « C’est un mouvement qui suit les tendances et qui se présente aussi avec très peu de contexte », a-t-il ajouté.

À cause de sa présence sur les réseaux, Jérémie Spratt reçoit beaucoup de questions en lien avec le domaine de l’entraînement et des suppléments alimentaires de la part de ses abonnées. « Je vais répondre honnêtement selon les besoins de la personne. Si ce n’est pas nécessaire à ton alimentation je ne te le conseillerai pas. »

« C’est beaucoup de pression d’essayer de contrer les tendances. C’est important pour moi d’être conscient de ce que j’illustre pour ne pas dire n’importe quoi. Je reste quand même motivé, à démystifier la ‘’ bull shit ‘’ et mettre la nuance pour informer les gens. »

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