Protéines, créatine et marketing : la face cachée d’un marché en explosion

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Il est recommandé de consommer 1 à 2 grammes de protéine par kilo de masse corporelle. (Photo : William Béchard)

Il est recommandé de consommer 1 à 2 grammes de protéine par kilo de masse corporelle. (Photo : William Béchard)

Le marché des suppléments alimentaires, depuis une quinzaine d’années, connaît une croissance spectaculaire. Que ce soit en pharmacies, en grandes surfaces, en boutiques spécialisées ou en ligne, ces produits sont devenus omniprésents.

« Le marché est dense, il y a tellement de compagnies qui ont une part de ce commerce », souligne l’économiste, Sylvain Charlebois.

Poudre de protéines, créatine et même brûleur de graisse, le marché des suppléments alimentaires a explosé depuis plusieurs années, et ce, partout à travers le monde. Ce sont 70 % des Québécois ayant répondu au dernier sondage Léger commandé par Popeye’s Supplement qui ont mentionné consommer ce type de produit.

La situation change avec le temps

Ce marché est passé d’un secteur de niche à une industrie de masse, touchant toutes les tranches d’âge et de nombreux profils : sportifs, étudiants, et même des personnes en quête de bien-être ou de perte de poids.

Cette culture du bien-être immédiat en inquiète plusieurs. « Si tu ne t’alimentes pas bien, ça n’aidera pas. Il faut que tu travailles sur les trois aspects primaires : la qualité du sommeil, l’activité physique et une saine alimentation », affirme le propriétaire de Aktiv et Go Nutrition, Jimmy Sévigny.

Le marketing : une représentation parfois inexacte

Le marketing joue un rôle essentiel dans la croissance de ce marché. Les marques s’appuient sur plusieurs leviers pour vendre leurs produits : des étiquettes modernes et attractives qui sont souvent associées à la performance, ou même la démonstration d’études scientifiques pour promouvoir les bienfaits des produits.

Cependant, il y a aussi de petits caractères à l’endos de ces emballages et il est important de les lire. M. Sévigny mentionne que souvent, la quantité de matière première n’est pas suffisante dans le produit pour qu’il ait un effet positif sur la santé. « Parfois, il est suggéré d’avoir 350 mg d’un tel élément pour qu’il ait un bienfait sur la santé, mais les compagnies en mettent seulement 100 », image-t-il.

C’est aussi pour cette raison que des entreprises du monde des suppléments alimentaires sont en mesure de mettre des bouteilles sur les étagères à moindre coût. « Je pourrais en vendre des produits à 11 $, mais on met la quantité d’éléments recommandés par les études. C’est pour ça que j’arrive avec un produit fini à 21 $. »

À 19 ans, il pesait 452 lb, c’est à ce moment qu’il a décidé de prendre sa vie en main. (Photo : Jimmy Sévigny Facebook)

Cette stratégie influence fortement les comportements d’achat, parfois au détriment de la prudence ou de la consultation d’un professionnel de la santé.

Les réseaux sociaux et les influenceurs

Les “greens”, sont des fruits et des légumes lyophilisés et réduits en poudre pour être consommés. ( Photo: Aktiv)

Pour les marques, les influenceurs sont un canal marketing extrêmement important. « Lorsque tu ouvres les applications de réseaux sociaux, il y a toujours un influenceur qui parle d’un supplément alimentaire. Chaque compagnie a plusieurs influenceurs qui travaillent pour eux », déclare M. Charlebois.

« Je mets 50 % de mon revenu brut dans tout ce qui est réseaux sociaux, incluant Facebook Ads. Si je n’avais pas à mettre cet argent dans ça, je serais riche », mentionne avec un sourire en coin, le propriétaire d’Aktiv.

 

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