Communautaire : les organismes dénoncent de mauvaises conditions

Pascal Gagnon a animé le micro-ouvert au café Cambio. Le foulard rouge représente l’état d’urgence chez les organismes. (Photo : Alexis Gauthier-Gagné)
« Le personnel quitte les organismes. Les gens aiment mieux avoir de meilleures conditions ailleurs », dénonce la directrice de l’organisme Deuil 02, Claudine Tremblay. Une trentaine d’organismes s’est rassemblée au café Cambio à Chicoutimi mardi en lien avec la grève du « Communautaire à boutte ».
Celle qui œuvre dans le milieu communautaire depuis plus de 15 ans déplore l’impossibilité pour les organismes d’offrir des conditions stables aux employés. « On ne peut pas assurer un emploi avec des augmentations de salaire, un régime de retraite et des assurances collectives. On n’a pas cela dans les organismes communautaires. »
Claudine Tremblay travaille pour l’organisme Deuil 02, qui aide les personnes vivant en détresse après avoir perdu un proche. (Photo : Alexis Gauthier-Gagné)
Selon le gouvernement du Canada, le salaire médian des employés des milieux communautaires est de 26$ de l’heure, soit environ 50 000$ par année.
Lourdeur administrative
Les organismes réclament notamment un financement plus régulier du gouvernement car chaque demande exige aux organismes de rédiger un bilan annuel complet.
« Quand tu as quatre ou cinq projets, c’est comme si tu faisais quatre ou cinq bilans. Les entreprises, elles, doivent seulement en faire un », explique une intervenante. Elle doit conserver l’anonymat, car le conseil d’administration de son organisme ne lui a pas donné l’autorisation de parler aux médias.
Une réalité partagée par le local des jeunes au centre-ville de Chicoutimi. « Chaque fois qu’on doit demander un financement, il faut le cadrer avec plusieurs objectifs, déplore le coordonnateur de l’organisme Pascal Gagnon. Il faut souvent inventer quelque chose parce qu’il doit toujours avoir quelque chose de novateur et de nouveau. »
M. Gagnon a également dû s’habituer à plusieurs refus du gouvernement.« Parfois, je peux passer une vingtaine d’heures sur une demande, puis au final, elle est refusée », révèle-t-il.
D’autres manifestations à venir
Près d’une centaine d’organismes de la région se regrouperont à Alma ce vendredi pour une marche symbolique devant le bureau du ministre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Éric Girard.
Les 1600 organismes du Québec se rendront ensuite le 2 avril prochain devant l’Assemblée nationale pour une grande manifestation.






