Gardes du corps des politiciens : les « gardiens de la démocratie »

Share:
Ruba Ghazal lors d'un rassemblement de militants au Bar à Piton à Chicoutimi

Guillaume Landry, garde du corps actuel pour Ruba Ghazal, exerce la profession depuis six mois. (Photo : Julianne Landry)

Entre les marches, les mêlées de presse et les rencontres avec les militants, l’unité de la protection rapprochée de la Sûreté du Québec (SQ) doit faire preuve de vigilance en tout temps… sans trop le faire paraître.

Il est possible de les voir à la télévision par moments, mais certains téléspectateurs pensent que ce sont des membres du parti. Au contraire, les gardes du corps de l’unité de protection rapprochée sont dans les personnes les plus impartiales d’une campagne électorale. C’est le cas de Guillaume Landry, actuellement garde du corps pour Ruba Ghazal et anciennement garde du corps pour la première ministre sortante, Christine Fréchette. « On assure quand même la protection de quelqu’un qui gère un budget de 150 milliards de dollars », affirme M. Landry.

Les gardes du corps peuvent faire une semaine de huit jours totalisant 120 heures de travail. (Photo : Fournie par Guillaume Landry)

L’ancien ministre au sein du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, et l’ancienne attachée de presse du ministre d’État au Développement social et conjointe de Jacques Parizeau, Lisette Lapointe, ont tous les deux vécu l’expérience. Les deux peuvent s’entendre sur une chose, la plus grande qualité d’un garde du corps est la discrétion. « [Les gardes du corps] entendent plein de choses, des discussions politiques avec des membres de mon équipe, etc. Donc, [ils doivent] être très discrets », témoigne M. Gaudreault.

Victor Landry (à gauche sur la photo) a également été garde du corps de René Lévesque avant d’être celui de Jacques Parizeau. (Photo : Fournie par Victor Landry)

Mme Lapointe possède une expérience assez semblable. « Eux, ils entendaient tout, ils étaient au courant de tout. Alors, ils possédaient une discrétion absolument extraordinaire. On pouvait leur confier des choses, des inquiétudes ou parfois leur demander conseil. Qu’est-ce que vous en pensez [M. Victor Landry], disait souvent mon mari. » Victor Landry a été le garde du corps de M. Parizeau, mais il est également le père de Guillaume Landry qui a suivi dans ses traces.

Pendant un événement, les policiers locaux assurent également la sécurité d’un périmètre extérieur. « On est dans une démocratie, donc il peut y risquer d’avoir des manifestants et ils ont le droit à une zone de libre expression. […] On l’a vu, par exemple, à Radio-Canada et TVA pendant les débats où il y avait des manifestants. [Le périmètre] était déjà établi d’avance. »

Même si c’est un travail exigeant, c’est aussi un travail passionnant, assure Guillaume Landry. Étant lui-même intéressé par la politique depuis un jeune âge, il n’échangerait pas sa place pour autant. « J’aime dire que nous sommes un peu les gardiens de la démocratie », met-il en lumière. Il précise que tout le monde a le droit à son opinion, mais que personne ne devrait craindre pour sa sécurité seulement parce qu’il en parle publiquement.

Share:
Photo de profil de Julianne Landry