Jouets sexuels : « ça m’a permis de mieux savoir ce qui me procure du plaisir et de pouvoir aiguiller mes partenaires »

Selon Audrey Arcand, la démocratisation des jouets amène plus d’ouverture sur la sexualité, elle permet de réaliser des fantasmes et de retirer des tabous. (Photo : Clarisse Menand)
Et si sexualité rimait avec amusement. La tendance des jouets sexuels a conquis le marché du désir que ce soit en ligne, en boutique ou par le biais de soirées démonstrations à domicile. Une dynamique qui attire des curieux, souvent surpris, parfois déçus.
« Nous avons constaté que plusieurs personnes sont plus à l’aise de découvrir ces produits dans un cadre privé et convivial entre amis », affirme François Maillé, directeur des ventes chez Eros & Compagnie. La boutique érotique répond à une vraie demande grâce à ces présentations à domicile.
C’est dans ce contexte qu’Audrey Arcand a acheté son premier jouet. « Au début, c’était pour soutenir mon amie. Finalement, j’y ai trouvé un plaisir de découverte de moi-même. J’ai ensuite testé plusieurs jouets et modèles. »
Après plusieurs années de pratique, la trentenaire dit mieux se connaître. « Je ne dirais pas que ça m’a vraiment donné plus de confiance en moi, mais clairement que ça m’a permis de mieux savoir ce qui me procure du plaisir et de pouvoir aiguiller mes partenaires. »
Faire le bon choix
Vibromasseur, stimulateur clitoridien, anneaux péniens, stimulateur à ventouse… Il existe autant de jouets sexuels que de désirs. Cette multiplicité de choix peut s’avérer compliqué.
« Nos conseillers reçoivent une formation pour accompagner les clients dans leurs choix en fonction de leurs besoins, de leur niveau d’expérience et de leur confort », complète François Maillé, directeur des ventes chez Eros & Compagnie.
Audrey Arcand utilise des jouets sexuels avec son conjoint avec qui elle est depuis 11 ans. Pour diversifier leur vie sexuelle et casser leur routine parentale, le couple se prend au jeu.« Je dirai que c’est très agréable d’en utiliser. On a testé du plus “soft” à certains plus originaux, ce qui nous a permis de découvrir de nouvelles pratiques ! », se souvient la trentenaire.
« Je n’ai pas aimé tous les jouets que je me suis procurés. Certains sont plus décevants que d’autres. Certaines pratiques nous semblaient excitantes alors qu’elles ne l’étaient pas », ajoute-t-elle.
Une utilisation à risque

« Les jouets sexuels ne sont plus perçus comme des produits marginaux, mais plutôt comme des accessoires de bien-être et de découverte » affirme François Maillé, directeur des ventes chez Eros & Compagnie. (Photo : Courtoisie)
Un bémol … Avec son partenaire, Audrey Lapointe achète un accessoire pour adulte pour avoir plus de sensations durant l’acte. Mais à force de l’utiliser, elle constate que sans cet accessoire, elle ne parvient plus à atteindre l’orgasme. « Avant de l’acheter, j’y parvenais tout le temps. Il a fallu que je réapprenne à faire sans. J’y suis parvenue, mais ça été long et parfois, j’en ai encore besoin » confie-t-elle.
Une forme de dépendance s’est faite, comme si l’utilisation d’un jouet sexuel impliquait nécessairement d’éprouver du plaisir et que sans, l’acte était moins intense. « Je trouve que c’est important de le dire. À la longue, ça peut causer des problèmes », précise Audrey Lapointe.
L’un des autres enjeux est de bien savoir comment utiliser les jouets sexuels de façon sécuritaire. « Nous conseillons aussi nos clients sur les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’utilisation », confirme François Maillé, directeur des ventes chez Eros & Compagnie.
Le partage des accessoires sans protection peut aussi mener à plusieurs conséquences, comme l’apparition de vaginoses bactériennes, de vaginites, d’infections urinaires ou la propagation d’infections transmissibles sexuellement par le sang.






