Une exposition d’oeuvres industrielles au cegep de jonquiere

L’artiste a déjà présenté des œuvres à Chicoutimi en 2019 lors du congrès de l’Association québécoise pour le patrimoine industriel. (Photo : Juliette Pain)
L’artiste Pascal Normand est venu présenter son exposition Devoir de mémoire et d’identité sur le cadre bâti à la Galerie d’art du Cégep de Jonquière hier soir. Pour ce vernissage, l’artiste est revenu sur sa volonté de chercher un autre public que celui qu’il connaît.
Entre photographie, superposition de couches numériques et peinture aérosol, l’exposition composée d’une dizaine d’œuvres met en lumière des bâtiments, des commerces et des panneaux emblématiques de Montréal et de Québec. Les œuvres font le choix délibéré d’exclure toute présence humaine directe pour se concentrer sur l’architecture. « Ce sont les bâtiments qui sont les véritables personnages des œuvres. Au final, c’est à travers eux que l’on perçoit la trace de l’homme, que ce soit par une lumière allumée ou un rideau tiré », explique Pascal Normand.
Un travail minutieux entre numérique et peinture
Pour réaliser ses tableaux, l’artiste combine une technique numérique rigoureuse à une touche texturée. « J’empile plusieurs photos prises de nuit pour jouer avec les calques sur Photoshop et équilibrer les couleurs », précise-t-il.
Une fois les photographies retravaillées et imprimées, vient l’étape de la peinture en aérosol, principalement appliquée sur les bordures de la toile. « J’utilise la peinture parce que j’aime les textures. Les bâtiments en possèdent déjà une par essence, et la peinture m’en offre une de plus », conclut l’artiste. Le résultat offre des clichés urbains vifs et lumineux qui esthétisent ces architectures du quotidien, souvent invisibles à nos yeux.

En plus de son activité artistique, Pascal Normand donne des conférences en photographie. (Photo : Juliette Pain)
Un pari réussi auprès du public jonquiérois
En s’arrêtant à Jonquière, l’artiste concrétise son souhait de s’éloigner des grands centres. « J’aime montrer des œuvres urbaines dans des espaces moins habitués à ce type de paysages », explique celui qui a parcouru quatre heures et demi de route depuis Belœil.
Ce pari a porté ses fruits : le public était au rendez-vous hier soir pour le vernissage. Dans la galerie, les visiteurs se sont montrés particulièrement attentifs. « Je trouve ça amusant, on ne sait pas toujours s’il y a du montage ou non », confie une participante stimulée par la démarche. Cet enthousiasme réjouit l’artiste : « Il y a vraiment beaucoup de monde, surtout pour un lieu un peu reclus comme un cégep », constate-t-il avec satisfaction.






