dimanche , 24 janvier 2021

Le Azventure | Donner une place aux rappeurs d’ici

Le Azventure promet d’offrir une tribune aux rappeurs et producteurs de musique électronique du Saguenay. Cet événement, organisé par cinq jeunes adeptes de ce style musical, aura lieu au Côté-Cour au rythme de trois éditions par année à compter du 2 décembre. 

L’un des instigateurs du projet, Tomy Jo, lui-même producteur qui travaille à son premier EP, souhaite que les artistes qui diffusent exclusivement sur les plateformes comme SoundCloud puissent avoir une chance de se faire entendre d’un plus grand public. «Je connais beaucoup de gens qui font ça chez eux et qui mettent ça sur SoundCloud. Mais ça ne permet pas toujours de se faire connaitre, on veut donc leur donner un endroit pour tester leur musique», explique-t-il.

Le hip-hop est devenu, en 2015, le genre musical le plus écouté au monde grâce, entre autres, aux plateformes de diffusion. Les rappeurs et les compositeurs de la région ne font pas l’exception. Le Azventure permettra des échanges entre les producteurs eux-mêmes mais également entre eux et le public. «On veut offrir la possibilité de découvrir de nouveaux sons et d’amener un peu l’ambiance du Montréal Street à Jonquière», soutient Tomy Jo.

L’un des participants de la première édition, Alexandre Baergen, compose des beats qu’il met en ligne sur SoundCloud. «J’ai commencé quand j’avais onze ans mais c’est l’an dernier que j’ai découvert ma passion pour le trap, un sous-genre du rap qui permet de jouer avec le son électronique qui a pris de l’expansion grâce à l’internet. J’aime être un producteur et j’espère que ça puisse me permettre de faire de l’argent un jour», raconte-til. Des rappeurs d’ici collaborent parfois avec lui en rappant sur les beats qu’il produit. Alexandre Baergen est enthousiaste face à la tenue d’un événement comme le Azventure. «C’est super qu’il y ait ça à Jonquière. Il y a beaucoup de talent ici et les gens vont pouvoir entendre quelque chose de nouveau», se réjouit-il.

Le marché «traditionnel»

Malgré l’influence des plateformes Web, certains artistes continuent d’utiliser des moyens de diffusion traditionnels. Le duo de rap Dayx et Jo-B vient de lancer un premier album, nommé Souzack, seulement disponible en copie physique, à la boutique Hot Rock de Roberval, entre autres. «On connait déjà du succès. En trois jours, nous avons vendu 122 albums. C’est pas pire pour une petite région», soutient Dayx.

Ce dernier ne cherche pas à vivre de sa musique. «On réussit à faire du profit mais on ne peut pas en vivre. Ça reste un passe-temps et un moyen de s’exprimer», confie-t-il. Si les deux rappeurs ne diffusent pas leur album sur le Web, c’est qu’ils réussissent à connaitre un succès considérable autrement, selon Jo-B. «On aime mieux que les gens aient le produit en main. On est présent sur le Web avec nos vidéoclips mais on ne vend pas l’album sur iTunes», dit-il. Le duo prévoit une série de spectacles pour promouvoir son nouvel album. Il devrait entamer une tournée partout au Québec en janvier 2018.

À propos de Gabrielle Paul

Gabrielle Paul est native de la communauté ilnu de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. En grandissant, elle a toujours baigné dans les communications, multipliant les animations et les rédactions. Elle occupe maintenant un poste d’agente en communication à Pekukamiulnuatsh Takuhikan, le conseil de bande de Mashteuiatsh. Fière de ses origines, elle étudie en journalisme dans l’espoir de mieux faire connaître les réalités autochtones en offrant un regard empreint de vérité sur la situation. Elle est une grande passionnée aux champs d’intérêts multiples, passant par les mouvements idéologiques, les philosophies audacieuses de Camus et de Schopenhauer et la littérature anglaise du XIXe siècle. Elle aspire à faire des études universitaires en science politique et à devenir polyglotte.

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