jeudi , 14 novembre 2019
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Salaire minimum à 12 $

L'entrepreneuriat compromis

Alors que le gouvernement tente à coup de multiples campagnes de promouvoir l’entreprenariat, ce même gouvernement annonce une hausse historique du salaire minimum à 12$ pour le 1er mai. Qui en paiera la note? Particulièrement les jeunes entrepreneurs.

Pour un entrepreneur en devenir, difficile de succomber aux charmes des campagnes de promotion alors que plane la menace d’un salaire minimum qui pourrait même atteindre 15 $ dans un avenir pas si lointain. Les Albertains pourront profiter dès octobre prochain d’un salaire minimum à 15 $. L’Ontario, quant à elle, a décidé l’an dernier de l’augmenter pour qu’il atteigne 15 $ en janvier 2019. Le mois dernier, il a déjà fait un bond important, passant de 11,40 $ à 14 $. Il ne serait pas surprenant que le Québec emboîte le pas à son voisin s’il décidait d’une hausse à 15 $.

Une telle hausse s’attaquerait directement aux entrepreneurs plus vulnérables, ceux qui débutent dans le milieu et qui ont besoin plus que n’importe qui du dévouement de leurs employés pour que leur projet fonctionne.

«Un salaire minium de 15 $ entraînerait automatiquement l’abolition de certains postes», affirme sans détour l’entrepreneur propriétaire des cafés l’Érudit de Jonquière et de Chicoutimi, Michaël Boily, Selon lui, inutile de se casser la tête pour tenter d’amortir le choc : l’augmentation des prix et la mise à pied de personnel sont les seules solutions envisageables pour maintenir une entreprise à flot dans ces conditions. Avec les différentes hausses du salaire minimum au pays, la Banque du Canada estime que la perte d’emploi pourrait se chiffrer à 60 000 d’ici 2019.

Certes, l’augmentation du salaire minimum pourrait permettre à ceux qui vivent uniquement de ce salaire minimum de souffler un peu. Toutefois, si les entrepreneurs doivent monter leurs prix ou abolir des postes, l’effet recherché est contrecarré en brimant au passage les jeunes entreprises florissantes.

Les nouveaux entrepreneurs investissent parfois tout ce qu’ils ont pour se lancer en affaires. Ils ont bien souvent tout à apprendre des modalités administratives que suppose la direction d’une nouvelle entreprise.Le discours séduisant des entrepreneurs qui tentent de mousser la profession ne fera pas le contrepoids contre toutes ces difficultés, si on ajoute à cela un salaire minimum à 15 $, véritable chape de plomb sur les épaules d’une tranche de la population déjà amplement sollicitée.

Comme on le dit en bon québécois : il faut que les bottines suivent les babines. Si la province souhaite davantage de jeunes entrepreneurs, elle devra agir en conséquence. Tous les efforts des campagnes de promotion ne doivent pas être sabotés par une hausse du salaire minimum démesurée si on veut un jour voir davantage de jeunes entreprises florissantes au Québec.

À propos de Juliette Lefebvre

Si vous cherchez Juliette, ne regardez pas chez elle dans les Cantons-de-l’Est. Vous avez plus de chances de la trouver dans le rayon voyage d’une librairie, sur le chemin de son prochain roadtrip ou la tête dans les nuages en planifiant son prochain périple. Son amour inconditionnel pour le français et son intérêt pour l’actualité internationale l’ont menée à Jonquière, où elle ne cesse d’étonner son entourage avec des expressions loufoques sorties d’un autre temps. Elle ponctue ses anecdotes de ces expressions tout à fait charmantes (selon elle) ou absolument horribles (selon ses amis). Dans quelques années, nul ne sait où elle vivra, ni quel métier elle exercera. Toutefois, il est certain qu’elle aura ajouté quelques étampes à son passeport et qu’elle décriera toujours aussi férocement l’utilisation du verbe « assir ».

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