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Photographe et autiste

Se servir de sa différence pour percer en art

Valérie-Jessica Laporte se sert de son diagnostic d’autisme afin de créer des images abstraites dans lesquelles elle immortalise en photo les détails texturisés d’un objet ou l’émotion d’une personne.

Le confinement de l’émergence ne saurait durer. Photo: Valérie-Jessica Laporte

La Saguenéenne savait qu’elle ne percevait pas les choses de la même façon que les autres et ne souhaitait pas recevoir de diagnostic par peur d’être médicamentée. Lorsqu’elle a finalement consulté, elle s’est alors rendu compte du véritable sens du mot «autiste», qui justifiait son hypersensibilité pour les cinq sens ainsi que son intérêt spécifique pour les dés et l’image en général.

«Il y a une blague où l’on dit que les personnes autistes voient l’aiguille avant la botte de foin, c’est-à-dire qu’on voit un détail avant de voir l’ensemble. Une personne non autiste qui arrive dans une pièce va scanner l’ensemble de la situation et va se faire une idée avec peu d’informations. Moi, c’est l’inverse. Je vais me faire beaucoup d’idées pour une petite affaire, je vais me concentrer sur un point pour ensuite m’ouvrir et recevoir plus d’informations», commente Mme Laporte.

À la recherche de quoi ? Photo: Valérie-Jessica Laporte

Si l’autisme est parfois un problème dans quelques aspects de sa vie, il est au contraire un bon outil en ce qui concerne la photographie et son métier de graphiste.

«La photo abstraite, pour moi, c’est lorsque je vais me laisser attirer par quelque chose, des détails, qui m’ont fait ressentir une émotion, qu’on appelle “flash de perception”. Ensuite, je veux exactement rendre visible ce que j’ai perçu», mentionne l’artiste. Elle écrit ensuite des légendes, ce qui ajoute une dimension symbolique aux images. Mme Laporte estime que cet art est une belle façon d’entrer en communication avec le monde.

«Ce n’est pas parce que c’est difficile d’échanger que je n’ai pas envie d’interagir avec le monde. Entrer justement en contact avec un moyen positif comme la photographie, c’est un vecteur qui permet de créer des liens, ça donne l’occasion de partager quelque chose de beau», décrit Mme Laporte. Elle ajoute que la photographie lui permet d’être dans son élément et de se sentir libre.

Ma vague bleue me porte plus loin. Photo: Valérie-Jessica Laporte

Si l’artiste fait de la photographie abstraite, elle fait également des portraits d’enfants autistes et d’évènements puisqu’elle est membre bénévole de l’Association régionale des loisirs pour personnes handicapées. La photographe explique qu’elle prend des clichés des personnes pour analyser leurs expressions. Ce qui lui plait, ce sont leurs micro-expressions quand elles sont sur le point d’avoir un sentiment beaucoup plus intense, quand elles atteignent le paroxysme de leur émotion.

«Par exemple, quelqu’un va sourire, il va ensuite avoir un pic où il va y avoir beaucoup plus de force. Ce sont ces moments que je guette et que j’accumule pour ensuite comprendre puis comparer, ça donne vraiment de belles photos, car les gens sont dans leur intensité maximale», confie l’artiste.

Outre la photographie, Valérie-Jessica Laporte a participé à un concours de nouvelle o r g a n i s é par RadioCanada, ce qui lui a permis de remporter une bourse, mais également d’écrire un roman. À la suite de la parution du court texte, Mme Laporte a été approchée par Quebecor Média afin d ’ é c r i r e un livre à partir de sa nouvelle. «C’est l’histoire d’une enfant qui ne sait pas qu’elle est autiste et qui s’enfuit de chez elle en se transformant en garçon pour se rendre dans une autre province. Je me sers de l’histoire pour expliquer des sentiments que je ne pourrais pas dire dans la réalité», conclut l’artiste.

À propos de Fanny Mattias

« Photographier c’est tendre un piège. Soit on met en place la trappe et on attend que la victime tombe dedans, et on appelle cela du reportage ; soit on déplace la trappe pour qu’elle tombe dedans à coup sûr, et on parle d’art ». Cette citation du chercheur, médecin et photographe, Pierre Movila décrit bien la passion de Fanny pour la photographie Curieuse et voyageuse accompagnée de son fidèle appareil photo, cette fille est originaire d’une petite île située dans le Pacifique Sud, la Nouvelle Calédonie. Elle a été photographe du Championnat du monde junior d’escalade (WYCH) en 2014, des Océanias d’escalade du Pacifique en 2012. Dernièrement, elle a travaillé pendant trois semaines dans le quotidien écrit de son île. Fanny s’intéresse à l’histoire, à l’art et aux potins. Mais elle a également des tendances sportives comme la natation, la plongée, l’escalade, les activités plein air et le gym. Ouverte d’esprit, elle est toujours à l’écoute des gens et aime parler de nombreux sujets pour continuellement apprendre. Elle souhaite étudier à l’université soit en kinésiologie, en développement durable ou psychologie. Par la suite, elle aimerait obtenir sa résidence permanente du Canada.

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