Intelligence artificielle | Un cadre légal s’impose

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L’intelligence artificielle (IA) accompagne déjà une majeure partie des consommateurs partout où ils vont sans qu’ils ne soient vraiment au courant. Par exemple, les cellulaires dotés de reconnaissance vocale ou faciale sont des IA. Pas de quoi avoir peur, mais la nouvelle tendance va devoir « s’ajuster à un cadre éthique et légal», prévient le maître de conférences à l’Université de Nantes au Laboratoire des sciences du numérique Florian Richoux, lors d’une discussion au Musée du Fjord, mercredi soir.

M. Richoux a abordé la nécessité de ce cadre légal qui n’est pas encore à l’ordre du jour. «À la vue des progrès de l’intelligence du numérique depuis les cinq dernières années, il faut prévoir un code éthique, explique-t-il. Il vaut mieux anticiper même si ça semble prématuré que de se retrouver devant le fait accompli.»

Ce cadre permettrait de réglementer la technologie afin qu’elle préserve les données privées des consommateurs et de ne pas lui accorder une programmation trop souple.

Le conférencier a aussi démystifié les préjugés que l’on porte sur l’intelligence artificielle et les craintes qu’elle peut éveiller. «Le risque dans les prochaines années n’est pas le scénario des films de science-fiction», explique-t-il.

Elle reste un outil avec une liberté d’action qui se limite à la programmation prévue par son concepteur.

Florian Richoux ajoute «qu’une IA est capable de faire qu’une seule chose à la fois. Si elle est conçue pour reconnaître des images, elle sera incapable de calculer des stratégies de jeux».

Progrès technologique

L’aide au diagnostic médical sera la grande évolution concernant l’intelligence artificielle, d’après Florian Richoux. «Dans 10 ans, je pense qu’il sera très commun qu’un médecin demande un conseil de diagnostic à une IA. Comme, aujourd’hui, une jambe fracturée ne serait jamais opérée avant de la vérifier en radiographie.»

La traduction linguistique instantanée, la relation hommes et machines et la voiture autonome sont aussi, selon lui, des futures accélérations scientifiques et technologiques. Mais ces innovations impliquent des conséquences au sein même de la société.

«L’efficacité d’une machine industrielle aura des impacts directement sur les classes populaires dans leur travail. Les voitures autonomes sont aussi au cœur des questionnements de l’attribution d’une responsabilité si un accident survient», conclut-il.

 

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