L’État au Théâtre La Rubrique | Une pièce politique qui rejoint l’actualité

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Une pièce non seulement pertinente, surtout dans le contexte actuel des élections générales, mais qui désire briser les illusions, c’est ce que nous offre le Théâtre La Rubrique avec L’État. Un texte signé Normand Canac-Marquis et mis en scène par Martine Beaulne, qui vogue entre le réel et l’inconcevable, ainsi qu’entre l’intime et le politique.

Les lumières se ferment. Solange Speilmann (Louise Laprade) s’avance, un papier dans les mains. Ce papier, c’est l’éditorial qu’elle vient d’écrire, où elle révèle son aventure de jeunesse avec le chef de l’opposition.

L’éditorialiste et le directeur du journal L’État, interprétés par Louise Laprade et Robert Lalonde, discutent de la publication ou non de l’éditorial controversé.
Photo: Patrick Simard.

Le spectacle présente un contexte politique qui n’est pas éloigné de la réalité. Un gouvernement au pouvoir depuis plusieurs années, sous un fond de scandales et de corruption. Le gouvernement qui pousse Solange à écrire son éditorial, puisqu’il la menace de révéler lui-même son affaire.

L’éthique journalistique est un autre thème traité par la pièce. En publiant son éditorial, Solange brise le statu quo en plus d’interférer avec les élections. Elle doit choisir de jouer son rôle de «kamikaze de l’illusoire», seulement cinq jours avant les élections.

La pièce espère éveiller les consciences. C’est au peuple de prendre les décisions et il ne faut pas accepter que le gouvernement décide de tout par lui-même.

Les textes sont remplis de poésie. Les références à l’éditorial de Solange s’entremêlent aux références du passé ainsi qu’à l’histoire d’un attentat à Mumbai, qui s’est passé le matin même. «Certains en meurent, d’autres tuent pour ne pas en mourir», s’exclame Solange lors d’un échange avec son directeur.

Bien qu’il ait été écrit il y a six ans, le texte est encore d’actualité et résonnera aussi dans le futur.

La scénographie vient compléter la pièce en beauté. Des jeux de son et de lumière illustrent des retours dans le temps, brefs et poignants, ainsi que des arrêts dans l’histoire, où les personnages parlent librement. Des jeux d’ombres viennent aussi apporter une dimension différente au tableau.

La pièce se déroule dans la salle de presse du journal L’État. Un décor simple habille la scène, dominée par un tableau représentant la guerre. Le thème est récurrent dans le spectacle : bataille entre la journaliste et le parti au pouvoir, entre l’éditorialiste et son directeur, qui hésite à publier, et combat entre Solange et elle-même.

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