Une bière collaborative pour la Journée de la femme

Neuf femmes du milieu brassicole québécois ont décidé de collaborer pour créer la nouvelle bière, « Ceci n’est pas une bière de fille ». La date du lancement n’est pas anodine, puisqu’il se fait aujourd’hui, le 8 mars, soit la Journée internationale des droits des femmes. Une bourse de 5 000$ sera également remise à une femme du milieu pour suivre une formation à l’Institut brassicole du Québec (IBQ).

À Jonquière, la bière « Ceci n’est pas une bière de fille » sera disponible seulement au Super Sagamie Du Coin.
Photo : Solveig Beaupuy

« Cette bière est née d’une volonté de réunir les femmes du milieu brassicole québécois », souligne la copropriétaire de la microbrasserie du Lac à Saint-Gédéon, Annie St-Hilaire. Après une mission en 2018 au Vermont qui visait à découvrir et comprendre les méthodes des brasseries de cette région, une forte amitié s’est créée entre les neuf femmes et elles se sont lancées dans l’aventure. Ainsi, Bières Boréale, la Micro du Lac et plusieurs autres brasseries ont mis au point la bière « Ceci n’est pas une bière de fille ».

« Souvent, dans les microbrasseries, on se fait demander des bières de filles. Mais c’est quoi une bière de fille ? », questionne Annie St-Hilaire. L’objectif est de faire réfléchir sur ce qu’est « une bière de fille ». « Les goûts des femmes ont changé, et elles aiment de plus en plus la bière », explique la copropriétaire de la microbrasserie du Lac. Avec son houblon aromatisé de notes florales et de saveurs éclatées comme le pamplemousse et l’ananas ou même la noix de coco, « Ceci n’est pas une bière de fille » se classe dans la catégorie des bières NEIPA, et est en vente dans les épiceries durant cinq semaines.

Son nom est un pied de nez à l’expression « bière de fille », qui suggère une bière sans intérêt, insipide, faible en alcool… La négation mène également à l’inclusion. Si ce n’est pas une bière de fille, c’est une bière pour tout le monde. « On veut dire qu’il y a des femmes qui sont capables de brasser de la bière. On veut mettre en avant leur talent », soutient Annie St-Hilaire.

La copropriétaire de la Micro du Lac, Annie St-Hilaire et la nouvelle bière « Ceci n’est pas une bière de fille. » L’étiquette a été réalisée par l’artiste Pauline Stive et représente, entre autres, les neuf femmes qui ont participé au projet. Inspirée de Magritte, cette étiquette montre l’inclusion et la diversité.
Photo : courtoisie

Promouvoir les femmes

Les neuf instigatrices du projet font équipe avec la Pink Boots Society, une association internationale à but non lucratif qui vise à promouvoir, à aider, à inspirer et à encourager les femmes qui travaillent dans le milieu des boissons alcoolisées. Les profits des ventes sont ensuite partagés entre tous les collaborateurs et aident à créer des bourses d’études.

Avec les fonds récoltés, une bourse de 5 000 $ sera également offerte à une femme pour qu’elle suive une formation à l’Institut brassicole du Québec (IBQ). Le but est de permettre aux femmes de mieux s’intégrer et de prendre plus de place dans le milieu brassicole québécois. « Au Moyen-Age, c’était les femmes qui brassaient la bière, jusqu’à l’arrivée des moines qui ont repris le flambeau », indique Annie St-Hilaire. Pour participer, il faut faire partie de l’Association des microbrasseries du Québec et travailler dans une microbrasserie actuellement.

 

 

 

 

À propos de Solveig Beaupuy

Solveig Beaupuy
Originaire de France, Solveig est une bretonne pure souche de 25 ans. Si vous lui demandez où se trouve le Mont Saint-Michel, elle vous répondra : « En Bretagne », question de fierté. Après quatre ans d’études en Lettres à l’université, elle s’est dit qu’elle n’en avait pas assez, et a voulu ajouter trois années de plus en ATM. Frileuse face au froid, mais déterminée à devenir journaliste, elle est venue s’établir au Québec et compte bien y rester. Ce ne sont pas les températures extrêmes qui la feront partir, le mauvais temps, elle connaît. Véritable artisane du verbe et amatrice de poésie, son péché mignon, c’est manier les mots, les structures de phrases et les synonymes. Sportive à temps partiel, débrouillarde, têtue et avec un sacré caractère, Solveig a toujours su montrer sa ténacité en travaillant pendant ses études. Forte d’une expérience de plusieurs mois dans le journal de sa ville, elle sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle ne veut pas, mais toujours en se remettant en question quand il le faut. Apprendre et découvrir sont ces crédos. Aventurière dans l’âme, elle aime repousser ses limites et voyager.

À voir aussi

Fondation Hebdos Québec: 2250 $ remis à des finissants en journalisme

La Fondation Hebdos Québec a remis 2250 $ en bourses à des finissants en journalisme …