Des journalistes du Quotidien à la rencontre des élèves

Face à l’augmentation des fausses nouvelles, l’équipe du Quotidien souhaite mettre en place une interaction avec les élèves des centres de services scolaires de la région afin de les sensibiliser aux médias et aux coulisses du journalisme. Plusieurs écoles ont d’ailleurs déjà signifié leur intérêt face à cette initiative.

Les réseaux sociaux foisonnent de fausses nouvelles et de médias ou commentateurs dénués d’objectivité. Les professionnels de l’information trouvent important de sensibiliser dès le plus jeune âge au journalisme et au travail qui se cache derrière.
Photo : Solveig Beaupuy

Internet se développe à vitesse grand V et les jeunes sont les premiers touchés puisqu’ils grandissent avec lui. La sensibilisation aux médias commence donc dès le plus jeune âge. Un constat qu’ont compris les journalistes du Quotidien désirant éduquer les élèves du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le but est de leur montrer comment est fait le travail de journaliste et comment s’informer correctement. « On veut être plus impliqués dans la communauté, explique la directrice de l’information et de l’éditorial du Quotidien, Mélanie Côté. C’est difficile de savoir ce qui est vrai ou faux, comment et où s’informer. On souhaite montrer que le travail d’un journaliste n’est pas fait à la légère. »

À cause de la pandémie, cette interaction se fera sous forme de vidéoconférence, avec une partie explicative sur ce qu’est le métier de journaliste, et une partie interactive, avec des questions et une discussion avec les élèves. Ce format peut s’adapter à tous les niveaux, de la primaire au cégep. « On a déjà quatre ou cinq écoles de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets qui ont répondu à notre initiative. En tout, on doit avoir sept ou huit demandes », constate Mélanie Côté.

En 2017, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a aussi vu la nécessité d’éduquer la population aux médias et a créé les capsules 30 secondes avant d’y croire. L’objectif était de démystifier le Web et ses fausses nouvelles, de démontrer leur viralité et leur impact, mais aussi de montrer l’importance de vérifier ses sources d’information.

La présidente de la FPJQ Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mélissa Savoie-Soulilères, estime qu’il est important de donner une éducation aux médias pour toutes les tranches d’âge, les personnes âgées n’étant pas familiarisées avec Internet comme les adolescents.
Photo : Courtoisie (FPJQ)

L’importance du journalisme

Le journaliste a mauvaise presse dans beaucoup de pays, et la pandémie n’a rien arrangé. « On entend souvent que les journalistes sont complices du gouvernement, mais sans journalistes, il n’y aurait pas eu la Commission Charbonneau par exemple, rappelle la présidente de la FPJQ régionale et journaliste pour Radio-Canada, Mélissa Savoie-Soulières. Il faut montrer qui on est et à quoi on sert. »

Les professionnels de l’information sont souvent décriés, mais pourtant, ils sont utiles pour mettre à jour des scandales, comme celui des commandites, et ainsi aviser la population de ce qui se passe dans la sphère politique. « On est les chiens de garde de la démocratie », affirme Mélissa Savoie-Soulières.

Une sensibilisation qu’elle juge essentielle, alors même que des journaux complotistes comme The Epoch Time ou Le Facteur ont été distribués au Saguenay, et que les fausses nouvelles foisonnent sur les réseaux sociaux. Le média en ligne, The Conversation, estime que « l’éducation aux médias se pose comme une éducation totale au sens de Rousseau, car elle cherche avant tout à faire des êtres libres. Capables d’exercer leur esprit critique face à tous les messages médiatiques ».

Des cours pour éduquer aux médias

Le professeur d’éthique et de culture religieuse, Sébastien Simard, a lui aussi compris cet enjeu. Au cours de ses 14 années d’enseignement, il a toujours essayé d’intégrer une forme de sensibilisation aux médias dans ses cours. Actuellement professeur à l’école secondaire du Grand-Coteau, à Sainte-Julie, il a décidé de préparer des cours sur l’éducation aux médias pour ses élèves de secondaire 3.

« À la rentrée prochaine, j’aimerais leur présenter ce qu’est la démarche journalistique, les faire comparer une même nouvelle provenant de deux médias ou faire une parodie comme Infoman », confie Sébastien Simard, originaire de La Baie. L’objectif du professeur est de permettre à ses élèves de se faire leur propre opinion. Une pensée à laquelle adhère Mélanie Côté, « quand on est bien informé, on prend les bonnes décisions », très vite rejointe par sa comparse Mélissa Savoie-Soulières, « plus on éduque jeune, et plus on fait des citoyens éveillés et conscients. »

À propos de Solveig Beaupuy

Solveig Beaupuy
Originaire de France, Solveig est une bretonne pure souche de 25 ans. Si vous lui demandez où se trouve le Mont Saint-Michel, elle vous répondra : « En Bretagne », question de fierté. Après quatre ans d’études en Lettres à l’université, elle s’est dit qu’elle n’en avait pas assez, et a voulu ajouter trois années de plus en ATM. Frileuse face au froid, mais déterminée à devenir journaliste, elle est venue s’établir au Québec et compte bien y rester. Ce ne sont pas les températures extrêmes qui la feront partir, le mauvais temps, elle connaît. Véritable artisane du verbe et amatrice de poésie, son péché mignon, c’est manier les mots, les structures de phrases et les synonymes. Sportive à temps partiel, débrouillarde, têtue et avec un sacré caractère, Solveig a toujours su montrer sa ténacité en travaillant pendant ses études. Forte d’une expérience de plusieurs mois dans le journal de sa ville, elle sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle ne veut pas, mais toujours en se remettant en question quand il le faut. Apprendre et découvrir sont ces crédos. Aventurière dans l’âme, elle aime repousser ses limites et voyager.

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