Travailleurs des CPE en grève : « Il faut que ça change »

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Une centaine de travailleurs en CPE étaient réunis devant le bureau de la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, jeudi, lors d’une troisième journée de grève. Bruyants, ils revendiquaient de meilleures conditions de travail. 

L’éducatrice Marie-Sol Boisvert et sa stagiaire Élizabeth Martel à la grève de Chicoutimi.
Photo: Juliette Babin

« Le gouvernement veut ouvrir des places en garderie, mais qui va travailler ? On manque déjà de personnel. Avec la pandémie, le gouvernement a donné plusieurs primes à beaucoup de personnes. C’est rendu à notre tour », fait valoir l’éducatrice au CPE La Souris Verte, Marie-Sol Boisvert. Cette dernière dénonce les inégalités salariales que les travailleurs des CPE subissent depuis longtemps. Selon elle, la demande en garderie explose alors que la pénurie de main-d’œuvre se fait de plus en plus ressentir. 

Pour contrer ce problème et assurer une relève dans le milieu, les travailleurs aimeraient que leurs études soient davantage prises en compte. « On a un beau réseau de garderies au Québec et on en prend soin. Maintenant, il faut prendre soin des gens qui y travaillent.  Un meilleur salaire permet de reconnaitre l’importance du développement de l’enfant », explique Mme Boisvert, appuyée par sa collègue, Sandrine Girard.  

Les deux éducatrices sont choquées par le manque de reconnaissance envers leur métier. « Une éducatrice qui a son DEC va commencer avec un salaire plus bas qu’une personne qui décide d’aller plier des serviettes au CIUSS », image Marie-Sol Boisvert, référant à l’entente conclue entre Québec et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) sur l’augmentation de salaire des préposées aux bénéficiaires.  

Temps difficile 

« Il y des éducatrices qui pleuraient tantôt », se désole Mme Boisvert. Alors que le coût de la vie augmente d’année en année, le salaire lui, reste le même, du moins pour certains travailleurs. Pour des éducatrices, ces jours de grève sont difficiles. Ils représentent trois jours sans salaire, chose qu’elles ne peuvent pas se permettre.  

Si les négociations entre les travailleurs et le gouvernement provincial ne permettent pas d‘en venir à une entente, quatre autres jours de grève sont prévus à l’horaire. Les dates restent toutefois à déterminer.  

En grève pour leur futur 

Les étudiantes en techniques d’éducation à l’enfance au Cégep de Jonquière, Élizabeth Martel et Emy Tremblay, ont pris part à leur deuxième grève, aujourd’hui, pour démontrer leur soutien aux éducatrices. Bien qu’elles soient encore sur les bancs d’école, elles intègreront bientôt le marché du travail. Elles croisent les doigts pour un avenir meilleur.  

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